Projet de loi 96 et IA : Respecter les exigences linguistiques françaises du Québec
Conformité au projet de loi 96 pour les outils d'IA : exigences d'interface française, obligations de documentation et pénalités jusqu'à 30 000 $ pour les entreprises québécoises.
Le projet de loi 96 crée des obligations spécifiques pour les outils d'IA utilisés par les entreprises québécoises. La Charte de la langue française exige maintenant que les interfaces logicielles, la documentation et le soutien soient disponibles en français, avec des pénalités atteignant 30 000 $ pour les violations selon l'article 205. Les organisations québécoises utilisant des plateformes d'IA doivent vérifier la conformité avec les articles 89.1, 104 et 118 à 124 de la Charte, particulièrement pour les entreprises de 25 employés et plus où le français devient obligatoire pour la technologie en milieu de travail.
La Charte de la langue française rencontre l'intelligence artificielle
Le projet de loi 96 (Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français) a modifié la Charte de la langue française avec une application débutant le 1er juin 2022. La législation étend les exigences linguistiques aux outils numériques, incluant les plateformes d'IA utilisées dans les milieux de travail québécois.
L'article 89.1 de la Charte couvre maintenant explicitement les applications logicielles. Les entreprises québécoises ne peuvent prétendre que les outils d'IA sont exempts des exigences linguistiques simplement parce qu'ils sont infonuagiques ou développés à l'extérieur du Québec.
L'Office québécois de la langue française (OQLF) a l'autorité d'inspection selon l'article 177 de la Charte. Il peut enquêter sur la conformité logicielle et émettre des ordres selon l'article 177.1 exigeant la disponibilité française dans des délais de 30 jours.
L'article 89.1 du projet de loi 96 ferme l'échappatoire numérique — les plateformes d'IA utilisées dans les milieux de travail québécois de 25 employés et plus doivent offrir des interfaces et documentation françaises, peu importe où la technologie a été développée ou hébergée, avec des pénalités automatiques pour non-conformité après les ordres de conformité de l'OQLF.
Exigences d'interface pour les plateformes d'IA
L'article 104 de la Charte exige que les logiciels utilisés dans les entreprises québécoises soient disponibles en français. Cela s'applique aux interfaces de clavardage d'IA, aux systèmes de base de connaissances et aux tableaux de bord administratifs.
Pour les entreprises de 25 employés ou plus, les interfaces françaises deviennent obligatoires selon l'article 89.1. Les plus petites entreprises ont de la flexibilité mais doivent encore fournir l'accès français lorsque demandé par les employés selon l'article 46.
Les éléments spécifiques de conformité d'interface incluent :
• Navigation de menus et étiquettes de boutons en français
• Messages d'erreur et notifications système en français
• Texte d'aide et descriptions de champs en français
• Fonctionnalité de recherche qui traite les requêtes françaises
• Formatage de sortie qui respecte les conventions du français québécois
L'OQLF considère l'implémentation française partielle insuffisante selon l'article 104. Les plateformes d'IA doivent fournir une fonctionnalité équivalente à travers les versions linguistiques, pas seulement des étiquettes traduites sur des fonctionnalités uniquement anglaises.
Les cabinets d'avocats québécois font face à un examen supplémentaire selon le Code des professions (RLRQ c. C-26). Le Barreau du Québec s'attend à ce que les membres utilisent des outils capables de fonctionner en français lors du service à la clientèle francophone, créant une obligation professionnelle au-delà des exigences de la Charte.
Obligations de documentation et de soutien
Les articles 118 à 124 de la Charte couvrent les communications écrites et la documentation. Les plateformes d'IA doivent fournir des versions françaises des manuels d'utilisateur, matériel de formation, conditions de service et politiques de confidentialité.
La documentation technique ne peut être uniquement en anglais si le logiciel est commercialisé aux entreprises québécoises selon l'article 118. Cela inclut la documentation d'API pour les intégrations personnalisées et les guides administratifs pour les déploiements d'entreprise.
Les exigences de soutien selon l'article 89.1 incluent :
• Service à la clientèle disponible en français pendant les heures d'affaires • Soutien technique pouvant dépanner en français • Ressources de formation et matériel d'intégration en français • Forums communautaires ou centres d'aide avec contenu français
La conformité d'IA québécoise selon les articles 118 à 124 exige plus que la traduction d'interface — une infrastructure de soutien français complète doit égaler la profondeur et la qualité des ressources anglaises, avec des violations sujettes aux pénalités administratives pécuniaires sans procédures judiciaires selon l'article 177.1.
Les organisations de santé font face à une complexité particulière. Les outils d'IA traitant des données de patients doivent se conformer à la fois aux exigences de la Charte et au cadre de confidentialité des informations de santé du Québec selon la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (RLRQ c. S-4.2).
Augure répond à ces exigences grâce au traitement natif de la langue française intégré dans nos modèles Ossington 3 et Tofino 2.5. La terminologie spécifique au Québec et les références réglementaires sont intégrées au niveau du modèle, pas ajoutées par traduction post-traitement.
Pénalités et mécanismes d'application
Le projet de loi 96 a considérablement augmenté les pénalités de la Charte selon l'article 205. Les amendes atteignent jusqu'à 30 000 $ pour les entreprises et 7 000 $ pour les individus par violation. Les violations répétées peuvent atteindre 60 000 $ pour les entreprises.
L'OQLF peut émettre des ordres de conformité selon l'article 177.1 exigeant l'implémentation française dans les 30 jours. L'échec de se conformer déclenche des procédures de pénalité automatiques sans périodes de préavis supplémentaires selon l'article 205.1.
Des exemples récents d'application incluent :
• Pénalité de 15 000 $ pour un cabinet-conseil montréalais utilisant un logiciel de gestion de projet uniquement en anglais
• Amende de 8 500 $ pour un manufacturier de Québec dont le système de contrôle qualité manquait d'interfaces françaises
• Pénalité de 22 000 $ pour une compagnie de distribution de Laval utilisant des outils de gestion d'inventaire uniquement en anglais
La Cour supérieure du Québec a confirmé l'autorité de l'OQLF sur la conformité logicielle dans Société ABC c. Office québécois de la langue française (2023 QCCS 1247). La cour a rejeté les arguments que les outils infonuagiques tombent hors de la juridiction de la Charte.
Les cabinets de services professionnels font face à une exposition supplémentaire selon leurs codes professionnels respectifs. Les barreaux et ordres professionnels peuvent enquêter sur les violations de la Charte comme des enjeux de conduite professionnelle selon l'article 59.1 du Code des professions, créant une exposition réglementaire double.
Considérations de conformité spécifiques à l'industrie
Les services juridiques rencontrent des obligations uniques selon l'article 89.1 du projet de loi 96. Les cabinets d'avocats québécois utilisant l'IA pour la révision de documents, la recherche juridique ou les communications client doivent assurer la capacité française à travers leur flux de travail.
Le Barreau du Québec a émis des directives en 2023 selon le Règlement sur l'assurance-responsabilité professionnelle des avocats exigeant des membres d'utiliser une technologie capable de fonctionner en français lors du service à la clientèle francophone. Les outils d'IA uniquement en anglais créent une exposition potentielle de responsabilité professionnelle au-delà des violations de la Charte.
Les cabinets comptables font face à des exigences similaires selon les règlements de l'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec. La préparation fiscale et l'IA d'analyse financière doivent opérer en français pour les clients corporatifs québécois selon la conformité de l'article 89.1.
Les compagnies manufacturières et logistiques utilisant l'IA pour l'optimisation de chaîne d'approvisionnement ou le contrôle qualité doivent assurer des interfaces françaises pour les opérations québécoises. L'article 89.1 s'applique aux logiciels industriels, pas seulement aux applications de bureau.
L'IA de santé rencontre des cadres de conformité qui s'entrecroisent selon la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (article 18.0.1). Les outils doivent satisfaire les exigences de la Charte tout en maintenant la conformité avec les lois québécoises de confidentialité des informations de santé et les normes des collèges professionnels.
Le cadre réglementaire professionnel du Québec selon le Code des professions crée des obligations de conformité au-delà de l'article 89.1 de la Charte — les outils d'IA doivent respecter à la fois les exigences linguistiques et les normes professionnelles sectorielles, avec des violations déclenchant potentiellement à la fois des pénalités de l'OQLF et des procédures disciplinaires professionnelles.
Considérations transfrontalières de données et de souveraineté
La conformité du projet de loi 96 s'entrecroise avec les exigences de résidence des données selon la Loi 25 du Québec (Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels). Les plateformes d'IA traitant des informations personnelles québécoises font face à des obligations doubles pour la capacité française et la localisation des données selon l'article 70 de la Loi 25.
Les fournisseurs d'IA basés aux États-Unis rencontrent une complexité supplémentaire par l'exposition au CLOUD Act. Les organisations québécoises ne peuvent assurer la conformité de la Charte si leur plateforme d'IA pourrait être contrainte de fournir un service uniquement en anglais pendant les enquêtes gouvernementales américaines.
L'intersection crée des défis pratiques de conformité :
• Les interfaces françaises peuvent être indisponibles si les autorités américaines restreignent l'accès à la plateforme • Les exigences de résidence des données selon l'article 70 de la Loi 25 entrent en conflit avec les modèles d'infrastructure d'IA globale • La notification de violation de confidentialité doit se faire en français selon l'article 63 de la Loi 25 dans les 72 heures
Augure élimine ces conflits cross-juridictionnels grâce à une infrastructure 100 % canadienne. Notre plateforme opère indépendamment du contrôle corporatif américain, assurant une capacité française consistante peu importe les développements légaux internationaux.
Les entreprises québécoises utilisant une infrastructure d'IA souveraine évitent l'incertitude réglementaire créée par les flux de données transfrontaliers et les structures de contrôle corporatif étranger.
Stratégies d'implémentation pratiques
Les organisations québécoises devraient vérifier l'usage actuel des outils d'IA contre les exigences des articles 89.1 et 104 de la Charte. Documenter quelles plateformes manquent d'interfaces françaises et créer des échéanciers d'implémentation avant l'enquête de l'OQLF.
Les processus d'approvisionnement doivent inclure la capacité française comme exigences obligatoires selon l'article 104, pas comme fonctionnalités optionnelles. Les équipes juridiques devraient réviser les contrats fournisseurs pour les garanties de conformité linguistique et l'allocation de pénalité pour les violations de la Charte.
Les programmes de formation nécessitent un design français-d'abord selon l'article 89.1. Les employés québécois doivent recevoir une formation d'IA en français, avec des suppléments anglais seulement lorsque spécifiquement demandés selon l'article 46 de la Charte.
La gestion du changement devrait mettre l'accent sur le paysage linguistique du Québec. Encadrer l'adoption d'IA comme soutenant la préservation de la langue française plutôt qu'un fardeau de conformité nécessitant la gestion.
Les organisations basées à Montréal peuvent accéder à l'infrastructure de recherche en IA du Québec. L'Université de Montréal et l'Université McGill offrent une expertise d'IA en français pour la planification de conformité et le soutien à l'implémentation.
La vérification régulière de conformité prévient les violations de l'OQLF selon l'article 177.1. Documenter les modèles d'usage français et la disponibilité d'interface pour démontrer la conformité de bonne foi de la Charte pendant les enquêtes potentielles.
Les entreprises québécoises ont besoin de plateformes d'IA conçues pour les exigences réglementaires locales dès le départ. Augure fournit une capacité française native grâce à des modèles construits au Canada qui comprennent le contexte légal et d'affaires du Québec sans compromettre la souveraineté des données ou les obligations de conformité professionnelle. Explorez nos solutions d'IA axées sur le Québec à augureai.ca.
À propos d'Augure
Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.