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IA juridique

Les avocats canadiens peuvent-ils utiliser l'IA pour l'extraction de clauses sans violer le secret professionnel ?

Oui, avec les mesures de protection appropriées. Les avocats canadiens peuvent utiliser l'IA pour l'extraction de clauses tout en préservant le secret professionnel grâce au contrôle de la résidence des données et aux plateformes conformes.

Par Augure·
The canadian flag waves in front of a building.

Oui, les avocats canadiens peuvent utiliser l'IA pour l'extraction de clauses sans violer le secret professionnel avocat-client, pourvu qu'ils mettent en place des mesures de protection appropriées concernant la gestion des données, la sélection de plateformes et le consentement du client. L'essentiel est de s'assurer que votre plateforme d'IA fonctionne sous juridiction canadienne avec des protections techniques et juridiques appropriées qui préservent la nature confidentielle des communications avec les clients.

Le secret professionnel n'est pas automatiquement levé par l'utilisation de la technologie — cela dépend de si vous avez maintenu des attentes raisonnables de confidentialité tout au long du processus.


Comprendre le secret professionnel dans le contexte de l'IA

Le secret professionnel avocat-client protège les communications confidentielles entre avocats et clients contre la divulgation. Selon Solosky c. La Reine [1980] 1 R.C.S. 821, le secret s'étend aux documents créés dans le contexte de la recherche ou de la fourniture de conseils juridiques.

Lorsque vous utilisez l'IA pour l'extraction de clauses, vous exposez potentiellement des documents privilégiés à un système tiers. La question critique n'est pas de savoir si l'IA est impliquée — c'est de savoir si le traitement maintient la confidentialité ou crée un risque de divulgation non autorisée.

« Le secret professionnel n'est pas perdu simplement par l'utilisation de la technologie pour traiter des documents privilégiés, mais les avocats doivent s'assurer que la plateforme technologique maintient la nature confidentielle de la relation avocat-client grâce aux contrôles juridictionnels et aux protections contractuelles explicites contre l'accès non autorisé. »

Les directives du Barreau de l'Ontario sur la technologie (règle 3.4-1 des Règles de déontologie) exigent que les avocats prennent des mesures raisonnables pour s'assurer que les renseignements des clients demeurent confidentiels lors de l'utilisation de services tiers.


Résidence des données et risques transfrontaliers

Les avocats canadiens font face à des défis juridictionnels spécifiques lorsque les données clients traversent les frontières. Selon le principe 4.1.3 de la PIPEDA et l'article 4.1.3 de l'annexe 1, les organisations doivent fournir une protection comparable pour les renseignements personnels transférés à des tiers et aviser les individus lorsque l'information peut être divulguée aux autorités étrangères.

La plupart des grandes plateformes d'IA — incluant ChatGPT, Claude et les offres de Google — traitent les données via l'infrastructure américaine. Cela crée deux problèmes :

  • Exposition au CLOUD Act : Les autorités américaines peuvent forcer la divulgation de données traitées par des entreprises américaines, peu importe où elles sont stockées
  • Obligations de transfert transfrontalier : Vous devez aviser les clients selon l'article 4.1.3 de la PIPEDA lorsque leur information peut être divulguée aux autorités étrangères

Pour les cabinets québécois, les articles 17-19 de la Loi 25 imposent des restrictions additionnelles sur les transferts hors du Québec, exigeant un consentement explicite et des évaluations d'adéquation. La non-conformité entraîne des pénalités administratives pécuniaires pouvant atteindre 25 M $ CA selon l'article 94.

Un avocat corporatif de Toronto utilisant une IA basée aux États-Unis pour extraire des clauses d'ententes de fusion et acquisition devrait techniquement aviser toutes les parties que leur information pourrait être accessible aux autorités américaines — difficilement pratique pour des transactions confidentielles.


Mesures de protection techniques pour la protection du secret

Maintenir le secret professionnel grâce à l'extraction de clauses par IA nécessite des contrôles techniques spécifiques :

Normes de chiffrement : Les données doivent être chiffrées en transit (TLS 1.3 minimum) et au repos (AES-256). Cela prévient l'interception durant le traitement.

Contrôles d'accès : La plateforme d'IA devrait implémenter un accès basé sur les rôles avec journalisation d'audit. Seul le personnel autorisé devrait manipuler les données clients.

Politiques de rétention des données : Des échéanciers de suppression clairs préviennent le stockage indéfini de matériels privilégiés. Plusieurs plateformes conservent les données d'entraînement indéfiniment — inacceptable pour le travail juridique.

Isolation du traitement : Les données clients devraient être traitées dans des environnements isolés, non utilisées pour entraîner des modèles généraux ou partagées entre clients.

« Les mesures de protection techniques préservent le secret seulement lorsque combinées avec des protections juridictionnelles. La résidence des données canadiennes avec des engagements contractuels contre l'accès non autorisé fournit le cadre juridique nécessaire pour maintenir la confidentialité avocat-client dans les environnements de traitement par IA. »

La plateforme d'Augure répond à ces exigences grâce à la résidence des données canadiennes, au chiffrement de bout en bout et aux engagements contractuels explicites de ne pas accéder aux données clients pour tout autre but que fournir le service demandé.


Considérations de responsabilité professionnelle

La règle 3.2-1 du Code modèle exige que les avocats soient compétents dans les services qu'ils fournissent. Utiliser l'IA pour l'extraction de clauses n'élimine pas votre devoir de comprendre et vérifier les résultats.

Considérez une révision de bail commercial où l'IA extrait les clauses de renouvellement. Vous demeurez responsable de :

  • Vérifier l'exactitude des termes extraits
  • Comprendre les implications juridiques des clauses identifiées
  • Vous assurer que rien d'important n'a été manqué par l'analyse IA
  • Maintenir une connaissance pratique de la matière

Les directives 2023 du Barreau de la Colombie-Britannique sur l'IA soulignent que les avocats ne peuvent déléguer le jugement professionnel aux systèmes d'IA. L'extraction de clauses peut appuyer votre analyse, mais vous demeurez responsable du produit de travail final.

Si l'IA manque une clause de résiliation critique ou interprète mal les termes de renouvellement, vous portez la responsabilité professionnelle — pas la plateforme d'IA.


Consentement du client et obligations de divulgation

Les règles de déontologie exigent le consentement éclairé du client pour impliquer des tiers dans les affaires juridiques. La règle 3.3-2 du Code modèle traite de la divulgation d'informations confidentielles aux fournisseurs de services.

Votre entente de mandat devrait spécifier :

  • Que vous pouvez utiliser des outils d'IA pour l'analyse de documents
  • Les mesures de protection techniques et juridiques en place
  • Si les données demeurent au Canada ou traversent les frontières
  • Comment l'information du client sera protégée et supprimée

Pour les affaires sensibles — enquêtes réglementaires, disputes familiales, défense criminelle — un consentement écrit explicite est prudent. Les clients corporatifs peuvent être à l'aise avec l'extraction de clauses par IA ; les individus faisant face à des questions juridiques personnelles peuvent préférer les méthodes de révision traditionnelles.

« La transparence concernant l'utilisation de l'IA renforce la confiance du client et démontre la conformité aux obligations de déontologie concernant la confidentialité et la compétence. »

Documentez votre utilisation de l'IA dans les dossiers clients. Si questionnée plus tard sur votre méthodologie, vous devrez expliquer comment l'extraction de clauses a soutenu votre analyse juridique sans compromettre le secret.


Mise en œuvre pratique pour les cabinets canadiens

Les praticiens individuels et petits cabinets peuvent implémenter l'extraction de clauses par IA avec des mesures de protection appropriées :

Sélection de plateforme : Choisissez des services d'IA avec résidence des données canadiennes et protection explicite du secret. Augure Legal traite toutes les données à l'intérieur des frontières canadiennes sans exposition américaine, éliminant les risques du CLOUD Act et incluant des protections contractuelles spécifiques pour le secret professionnel avocat-client.

Classification des documents : Tous les documents juridiques ne nécessitent pas le même niveau de protection. Les dépôts publics, ententes modèles et matériels de recherche comportent des risques de secret moindres que les communications clients ou documents de transactions confidentielles.

Intégration du flux de travail : Utilisez l'IA pour l'identification initiale de clauses, puis conduisez une analyse juridique traditionnelle sur les sections signalées. Cela combine les gains d'efficacité avec la surveillance professionnelle.

Procédures d'audit : Maintenez des journaux d'utilisation de l'IA, incluant quels documents ont été traités et les étapes de vérification prises. Cela appuie la défense de responsabilité professionnelle et démontre une pratique compétente.

Les grands cabinets peuvent nécessiter des contrôles additionnels comme une infrastructure d'IA dédiée, des audits de sécurité renforcés et une formation spécialisée pour les avocats utilisant des outils d'extraction.


Cadre de conformité réglementaire

Les cabinets d'avocats canadiens utilisant l'IA doivent se conformer à plusieurs cadres réglementaires :

Exigences de la PIPEDA (articles 4.1-4.9, Annexe 1) :

  • Obtenir le consentement pour la collecte, l'utilisation et la divulgation (Principe 4.3)
  • Limiter la collecte aux fins identifiées (Principe 4.4)
  • Assurer l'exactitude des renseignements personnels (Principe 4.6)
  • Fournir des mesures de sécurité adéquates (Principe 4.7)
  • Pénalités jusqu'à 100 000 $ CA par violation selon l'article 27.1

Lois provinciales sur la vie privée :

  • Loi 25 au Québec (articles 93-94 exigent des évaluations d'impact sur la vie privée pour les systèmes d'IA, pénalités jusqu'à 25 M $ CA)
  • Lois FOIP dans les provinces de l'Ouest
  • Réglementations émergentes spécifiques à l'IA créent des obligations additionnelles

Règles des barreaux : Chaque barreau provincial maintient des directives spécifiques sur l'utilisation de la technologie, la confidentialité et les exigences de compétence.

Cadres de cybersécurité : Les directives de cybersécurité du Centre de la sécurité des télécommunications pour les services juridiques fournissent des bases techniques pour protéger l'information des clients.

La conformité nécessite une évaluation continue alors que les capacités de l'IA et les exigences réglementaires évoluent. Le cadre qui fonctionne aujourd'hui peut nécessiter des ajustements alors que les tribunaux fournissent plus de directives sur l'utilisation de l'IA en pratique juridique.


Les avocats canadiens peuvent utiliser l'IA avec confiance pour l'extraction de clauses tout en maintenant le secret professionnel avocat-client grâce à une sélection appropriée de plateforme, des mesures de protection techniques et une surveillance professionnelle. L'essentiel est de choisir des services d'IA qui opèrent sous juridiction canadienne avec des protections explicites du secret.

Le succès nécessite d'équilibrer les gains d'efficacité avec les obligations de responsabilité professionnelle. L'IA peut accélérer l'identification et l'analyse de clauses, mais les avocats demeurent responsables de l'exactitude, l'exhaustivité et le jugement stratégique.

Pour les professionnels juridiques canadiens prêts à explorer l'extraction de clauses par IA conforme, Augure Legal fournit des outils de révision de contrats et d'analyse de clauses conçus spécifiquement pour les cabinets d'avocats canadiens. Apprenez-en plus sur le maintien du secret tout en améliorant l'efficacité à augureai.ca.

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