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IA canadienne

L'IA devient infrastructure critique — Qui la contrôle?

Alors que l'IA devient infrastructure critique, qui la contrôle importe pour la conformité, la souveraineté et la résilience opérationnelle dans les industries canadiennes réglementées.

Par Augure·
a busy highway in a city

Les systèmes d'IA deviennent des infrastructures critiques pour les organisations canadiennes, mais la plupart dépendent de plateformes contrôlées par les États-Unis et soumises à une juridiction étrangère. Cela crée des risques de conformité sous la Loi 25, PIPEDA et les réglementations sectorielles spécifiques. La question n'est pas de savoir si l'IA est une infrastructure — c'est de savoir si les organisations peuvent maintenir la conformité réglementaire tout en dépendant de systèmes contrôlés par l'étranger pour des fonctions commerciales essentielles.

Le changement s'est produit silencieusement. Ce qui a commencé comme des outils expérimentaux pour le contenu marketing et l'aide au codage alimente maintenant le support de décision clinique, les rapports réglementaires et l'intelligence opérationnelle dans les industries canadiennes réglementées.


Quand l'IA devient mission-critique

Le Centre de cybersécurité du Canada (CSCC) inclut maintenant les dépendances aux plateformes d'IA dans ses évaluations d'infrastructure critique. Leurs directives de 2024 identifient spécifiquement les dépendances d'IA à fournisseur unique comme des risques systémiques, particulièrement quand ces fournisseurs opèrent sous des cadres légaux étrangers.

Considérez une organisation réglementée typique aujourd'hui. Les équipes juridiques comptent sur l'IA pour l'analyse de contrats sous des échéances réglementaires serrées. Les départements financiers utilisent l'IA pour des rapports de conformité qui doivent respecter des normes comptables canadiennes spécifiques. Les opérations de service à la clientèle dépendent de systèmes de clavardage d'IA qui gèrent des renseignements personnels régis par les lois provinciales et fédérales sur la vie privée.

« Le risque réglementaire émerge non pas de l'utilisation de l'IA, mais de l'utilisation de systèmes d'IA qui ne peuvent garantir la conformité avec les exigences canadiennes de souveraineté des données sous l'article 17 de la Loi 25 et le Principe 4.1.3 de PIPEDA. »

Ce n'est pas théorique. En 2023, un réseau de santé canadien majeur a découvert que leur service de transcription d'IA — hébergé sur une infrastructure américaine — était sujet à une demande de données du Département de la Justice américain sous la CLOUD Act. La révision de conformité a pris huit mois et coûté 2,3 M$ CA en frais juridiques.


Le problème du contrôle étranger

Les plateformes d'IA américaines opèrent sous des cadres légaux américains qui entrent en conflit avec les exigences réglementaires canadiennes. La CLOUD Act permet aux autorités américaines de forcer la production de données des compagnies américaines peu importe où les données sont stockées. Cela crée des conflits directs avec les exigences de localisation des données de la Loi 25 et les cadres de consentement de PIPEDA.

L'article 17 de la Loi 25 exige un consentement explicite pour tout transfert transfrontalier de données. Utiliser des plateformes d'IA contrôlées par les États-Unis pour des renseignements personnels du Québec crée une non-conformité automatique à moins que les organisations obtiennent un consentement spécifique pour un accès gouvernemental étranger potentiel — un standard pratiquement impossible vu les pénalités sous l'article 90 (jusqu'à 25 M$ CA ou 4 % du chiffre d'affaires mondial).

Le Principe 4.1.3 de PIPEDA exige que les organisations identifient « si des renseignements personnels seront transférés hors du Canada et, le cas échéant, vers quels pays ou territoires ». La plupart des plateformes d'IA américaines ne peuvent fournir de réponses définitives parce que leur infrastructure s'étend sur plusieurs juridictions et change dynamiquement, violant le principe de responsabilité de PIPEDA (4.1).

Le fardeau de conformité s'étend au-delà du droit de la vie privée. Les institutions financières sous réglementation fédérale sous la Loi sur les banques (article 539) font face à des restrictions additionnelles. Les directives de BSIF sur la Gestion des risques technologiques et de cybersécurité (B-13) exigent que les institutions maintiennent la résilience opérationnelle et la souveraineté des données. La dépendance à une infrastructure d'IA contrôlée par l'étranger peut déclencher un examen réglementaire additionnel sous ces exigences fédérales.


Conflits réglementaires sectoriels spécifiques

Différentes industries canadiennes font face à des défis réglementaires distincts lors de l'utilisation d'infrastructures d'IA contrôlées par l'étranger.

Les organisations de soins de santé opérant sous les lois provinciales sur l'information de santé ne peuvent garantir la conformité en utilisant des plateformes américaines. L'article 37 de la Loi sur la protection des renseignements personnels sur la santé de l'Ontario (PHIPA) restreint spécifiquement les transferts transfrontaliers d'information de santé. Les systèmes d'IA qui analysent des données de patients sur une infrastructure américaine violent automatiquement ces exigences.

Les services financiers font face aux restrictions de l'article 539 de la Loi sur les banques plus les exigences de conformité PIPEDA. Le Bureau du surintendant des institutions financières exige une documentation claire des fournisseurs de services tiers et de leurs cadres légaux sous la directive B-13. Les plateformes d'IA américaines ne peuvent fournir cette documentation parce qu'elles opèrent sous des exigences légales conflictuelles.

Les services juridiques rencontrent des enjeux de conduite professionnelle. Les barreaux à travers le Canada exigent que les avocats maintiennent la confidentialité client sous des cadres juridictionnels spécifiques. Utiliser une IA contrôlée par l'étranger pour l'analyse de documents clients peut violer les obligations professionnelles indépendamment des mesures de sécurité de la plateforme.

« La conformité réglementaire exige de comprendre non seulement quelles données vont où, mais qui a l'autorité légale sur ces données une fois qu'elles sont traitées. Sous le Principe 4.1 de PIPEDA, les organisations demeurent responsables des renseignements personnels même quand traités par des tiers. »


L'écart d'assurance et de responsabilité

L'assurance responsabilité professionnelle exclut de plus en plus les réclamations découlant de choix technologiques non conformes. Les assureurs demandent maintenant spécifiquement les juridictions des plateformes d'IA et les pratiques de résidence des données lors de la souscription.

Un sondage de 2024 par l'Association canadienne des assureurs en responsabilité professionnelle a trouvé que 67 % des polices incluent maintenant des exclusions spécifiques pour les réclamations découlant de systèmes d'IA contrôlés par l'étranger utilisés en violation des lois canadiennes sur la vie privée. Les exclusions s'appliquent même quand les organisations croient être conformes.

La responsabilité s'étend aux administrateurs et dirigeants. Les polices D&O scrutent de plus en plus les décisions de gouvernance technologique. Utiliser une infrastructure d'IA non conforme peut déclencher une responsabilité personnelle pour les cadres qui ont approuvé ces choix technologiques.


Le cadre d'alternative souveraine

Les plateformes d'IA souveraines construites pour les exigences réglementaires canadiennes offrent une approche axée sur la conformité pour l'infrastructure d'IA. Ces systèmes opèrent sous des cadres légaux canadiens, maintiennent la résidence des données dans les frontières canadiennes et s'alignent avec des exigences réglementaires spécifiques comme la Loi 25 et PIPEDA.

Augure représente cette approche — résidence des données 100 % canadienne, aucune société mère américaine, et aucune exposition à la CLOUD Act. L'architecture de la plateforme incorpore la Loi 25, PIPEDA et les exigences du CSCC dès la conception plutôt que de modifier une infrastructure étrangère pour la conformité.

La différence technique importe pour la conformité. Les plateformes souveraines canadiennes peuvent fournir des réponses définitives sur l'emplacement des données, la juridiction légale et la conformité réglementaire parce qu'elles opèrent dans des cadres légaux uniques. Les plateformes américaines ne peuvent faire ces garanties parce qu'elles s'étendent sur plusieurs juridictions conflictuelles.

« La conformité n'est pas seulement une question de contrôles de sécurité — c'est une question de certitude légale. Les organisations doivent savoir définitivement quelles lois régissent leur infrastructure d'IA pour respecter le principe de responsabilité de PIPEDA et les exigences de consentement de la Loi 25. »

Cette approche permet aux organisations réglementées d'utiliser des outils d'IA sans compromettre leur posture de conformité. Les équipes juridiques peuvent analyser des contrats en utilisant l'IA tout en maintenant la conformité à la Loi 25. Les organisations de soins de santé peuvent traiter l'information des patients tout en respectant les exigences provinciales de protection de l'information de santé.


Le facteur de résilience opérationnelle

Au-delà de la conformité, l'infrastructure d'IA souveraine fournit une résilience opérationnelle contre les changements de politique étrangère. Les contrôles d'exportation américains, les régimes de sanctions et les politiques de sécurité nationale peuvent perturber l'accès des organisations canadiennes à l'infrastructure d'IA critique sans préavis.

Les mises à jour de 2023 aux contrôles d'exportation américains sur la technologie d'IA ont créé des fardeaux de conformité immédiats pour les organisations canadiennes utilisant les plateformes affectées. Les organisations ont dû rapidement évaluer leurs dépendances d'infrastructure d'IA et les scénarios de perturbation potentiels.

Les plateformes souveraines canadiennes éliminent ce risque politique. Les organisations maintiennent le contrôle opérationnel sur leur infrastructure d'IA indépendamment des relations internationales changeantes ou des décisions de politique étrangère.


Construire des opérations d'IA axées sur la conformité

Les organisations passant à une infrastructure d'IA conforme ont besoin d'approches structurées qui adressent les exigences réglementaires systématiquement.

Commencez par la classification des données. Identifiez quels types d'information transitent par les systèmes d'IA et cartographiez les exigences réglementaires applicables. Les renseignements personnels sous la Loi 25 exigent une gestion différente de l'information corporative sujette seulement aux obligations contractuelles.

Documentez les structures de juridiction et de contrôle. Les audits réglementaires se concentrent de plus en plus sur la gouvernance des plateformes d'IA. Les organisations ont besoin de documentation claire sur où le traitement d'IA se produit, quels cadres légaux s'appliquent, et comment les exigences de souveraineté des données sont maintenues sous l'article 8 de la Loi 25 (application territoriale).

Établissez des procédures de vérification de conformité des fournisseurs. Cela va au-delà des questionnaires de sécurité pour inclure l'analyse du cadre légal. Les organisations doivent comprendre non seulement les contrôles techniques mais les autorités légales sur leur infrastructure d'IA pour satisfaire les exigences de responsabilité du Principe 4.1 de PIPEDA.

Révisez l'assurance et la couverture de responsabilité professionnelle. Assurez-vous que les choix d'infrastructure d'IA s'alignent avec les exigences de couverture et ne créent pas d'exclusions inattendues.


La voie vers l'avenir

Le paysage réglementaire continuera de se resserrer autour des choix d'infrastructure d'IA. La Loi sur l'intelligence artificielle et les données, actuellement en développement, imposera probablement des exigences additionnelles pour les systèmes d'IA gérant des renseignements personnels canadiens.

Les commissaires provinciaux à la vie privée signalent déjà un examen accru des choix de plateformes d'IA. La Commission d'accès à l'information du Québec a spécifiquement noté que la conformité à la Loi 25 exige une évaluation attentive des juridictions et structures de contrôle des plateformes d'IA sous les dispositions de transfert transfrontalier de l'article 17.

Les organisations qui établissent maintenant une infrastructure d'IA conforme éviteront des migrations coûteuses plus tard. Celles qui reportent ces décisions font face à des risques réglementaires et opérationnels croissants alors que l'IA devient plus centrale aux opérations commerciales.

La question n'est pas de savoir s'il faut utiliser l'IA — c'est comment utiliser l'IA tout en maintenant la conformité réglementaire et la souveraineté opérationnelle. Les organisations canadiennes ont des alternatives souveraines qui fournissent des capacités d'IA sans compromettre la posture de conformité.

Pour les organisations réglementées prêtes à construire des opérations d'IA conformes, Augure offre une infrastructure d'IA souveraine canadienne conçue spécifiquement pour les exigences réglementaires. Apprenez-en plus sur le maintien de la conformité tout en accédant aux capacités d'IA à augureai.ca.

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À propos d'Augure

Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.

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