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Conformité

Automatiser vos processus sans enfreindre la Loi 25 ou la LPRPDE

Un responsable conformité explique comment il a évalué des outils d'IA canadienne pour automatiser sans exposer les données à la Loi 25 ou au CLOUD Act.

Par Augure·
Rockwell automation logo on a red block with abstract shapes

La question qui a réellement fait achopper notre projet d'automatisation n'était pas « est-ce que ça respecte la Loi 25? ». C'était « qui d'autre peut être forcé de remettre ces données, et en vertu de quelle loi? ». Notre analyste en sécurité a posé cette question lors du deuxième appel avec le premier fournisseur qu'on a regardé, et il a fallu quatre courriels distincts avant d'obtenir quelque chose de concret. Le délai m'en a appris plus long que la réponse elle-même.

On essayait d'automatiser quelque chose d'assez banal : le tri des demandes d'ententes de confidentialité et de contrats standards, le genre de tâche qui mange un après-midi par semaine et qui ne demande pas le jugement d'un avocat pour classer les dossiers en « standard », « à signaler » et « à escalader ». La partie automatisation n'a jamais été le vrai défi. Le vrai défi, c'était de comprendre ce que ça signifiait, en vertu de la Loi 25 et de la LPRPDE, de faire passer ce tri par un modèle hébergé quelque part qu'on ne contrôlait pas entièrement.

Ce qu'on essayait réellement d'automatiser

La file d'admission se situe entre notre équipe des opérations juridiques et les avocats externes. Chaque entente de confidentialité, contrat de service et avenant fournisseur est lu par une personne avant d'aller où que ce soit, et l'essentiel de cette lecture consiste à repérer des motifs — est-ce que cette clause est standard, est-ce que le plafond de responsabilité correspond à ce qu'on attend, y a-t-il une condition de résidence des données qui contredit notre propre politique. On voulait qu'un outil fasse un premier passage, avec une personne qui donne toujours son aval avant que quoi que ce soit bouge.

C'est une question de traitement de données avant d'être une question d'automatisation. Chaque contrat dans cette file peut contenir des renseignements personnels — des noms, parfois des détails de santé dans des ententes liées aux RH, occasionnellement des conditions financières rattachées à une personne. En vertu de la Loi 25, l'envoi de renseignements personnels à un tiers pour traitement, y compris un fournisseur d'IA, déclenche une évaluation de l'endroit où ces renseignements se retrouvent et de qui peut y accéder. En vertu de la LPRPDE, l'analyse est moins prescriptive, mais la question de fond est la même : peut-on rendre compte de l'endroit où résident ces données et de qui peut en exiger l'accès.

La question sur les fournisseurs que notre analyste en sécurité ne lâchait pas

On a fini avec une courte liste de questions qu'on posait à chaque fournisseur, à peu près dans cet ordre :

  • Où les données des clients sont-elles stockées au repos, et est-ce que c'est documenté publiquement quelque part?
  • Où l'inférence tourne-t-elle réellement — pas là où les serveurs de l'entreprise sont vendus comme étant situés, mais l'appel au modèle lui-même?
  • Y a-t-il une société mère américaine ou un investisseur américain ayant accès aux données des clients au niveau du conseil d'administration?
  • Les données des clients servent-elles à entraîner des modèles, et peut-on désactiver ça contractuellement?
  • Que se passe-t-il en cas de basculement — le trafic passe-t-il parfois par une infrastructure américaine, et dans quelles conditions?

Deux fournisseurs ont bien répondu à la première question et sont devenus vagues à la deuxième. L'un nous a dit que son infrastructure était « agnostique au nuage », ce qui n'est pas une réponse, c'est une façon de l'éviter. La lecture de notre analyste en sécurité — et j'étais d'accord avec lui — c'est que « agnostique au nuage » veut souvent dire « on n'a pas cartographié ça et on ne veut pas le faire ».

Le point sur le CLOUD Act est celui sur lequel notre conseiller juridique n'a pas bougé. Sa position, et je pense qu'elle se défend bien, était que si un fournisseur a une société mère américaine, les autorités américaines disposent d'un mécanisme légal pour forcer ce fournisseur à produire des données, peu importe où les serveurs se trouvent physiquement. Ça ne rend pas tout fournisseur d'IA à société mère américaine inutilisable. Ça veut dire que le risque doit être nommé et pesé, pas balayé du revers de la main avec une affirmation sur la résidence des données qui ne couvre que le stockage et qui ne dit rien de la structure corporative qui se trouve au-dessus.

En vertu de l'article 17 de la Loi 25, une entreprise qui communique des renseignements personnels hors Québec doit d'abord évaluer, entre autres, si ces renseignements bénéficieront d'une protection équivalente à celle prévue par la loi québécoise.

C'est le libellé exact de la loi que notre responsable de la protection des renseignements personnels a fait circuler, et c'est la raison pour laquelle « les serveurs sont au Canada » s'est avéré une réponse incomplète en soi. L'emplacement du stockage compte. Mais qui peut légalement être forcé de produire le contenu qui y est stocké compte tout autant, et c'est un tout autre axe d'analyse.

Là où l'IA canadienne a réellement changé la donne

Au départ, je pensais que « plateforme d'IA canadienne » était surtout une formule marketing, le genre de chose qu'on voit sur une page d'accueil et qu'on écarte. Mon opinion a un peu changé une fois qu'on s'est plongés dans les tableaux de sous-traitants. Une entreprise canadienne sans société mère américaine ni investisseurs américains présente un profil de risque véritablement différent d'une entreprise américaine qui offre un déploiement en zone Canada, parce que cette dernière reste sous une structure corporative qu'un tribunal américain peut atteindre.

Augure était l'un des trois outils qu'on a soumis à cette liste. Ce qui s'est démarqué — et c'est la partie concrète, pas le baratin publicitaire — c'est que leur réponse à la question de l'inférence était précise plutôt qu'esquivée : certains paliers de modèles tournent sur une infrastructure au Canada, d'autres tournent avec des partenaires européens sous des ententes de rétention zéro des données, et rien de tout ça ne passe par des fournisseurs américains pour le contenu réel des conversations ou des documents. Ils ont aussi été francs sur le fait que le traitement des paiements et l'envoi des courriels impliquent des services basés aux États-Unis, un flux distinct de l'inférence en IA et que notre responsable de la protection des renseignements personnels a signalé comme devant avoir sa propre ligne dans l'évaluation, plutôt que d'être noyé dans la question « est-ce que c'est canadien ». J'ai apprécié qu'ils le disent avant qu'on ait à le demander, puisque les deux autres fournisseurs nous ont fait creuser pour l'obtenir.

Le prix a compté moins dans la décision que ce à quoi je m'attendais au départ. Les paliers d'Augure vont d'un plan gratuit avec un plafond de 50 messages par jour jusqu'à 80 $ CA/mois pour le palier avec agents de recherche approfondie et limites de téléversement plus élevées, avec un palier entreprise à prix personnalisé incluant l'authentification unique (SSO) et un soutien dédié. Rien de tout ça n'a fait avancer la discussion sur la conformité. Ce qui l'a fait avancer, c'est le tableau des sous-traitants et le fait qu'un analyste en sécurité pouvait vraiment le lire d'une traite.

Ce qui, en fin de compte, n'avait pas d'importance

On a passé étonnamment beaucoup de temps, au début, à s'inquiéter de la provenance des modèles — à savoir si l'architecture du modèle sous-jacent était elle-même construite au Canada, par opposition à simplement ajustée ou hébergée ici. Au bout du compte, cette distinction n'a eu aucun poids dans l'analyse de conformité. Ce qui comptait pour l'évaluation en vertu de la Loi 25, c'était le flux des données et la juridiction légale sur l'exploitant, pas l'endroit où les poids d'un modèle de base ont été entraînés à l'origine. Je dirais à un collègue qui commence ce processus aujourd'hui de ne pas passer les deux premières semaines là-dessus, comme on l'a fait.

À quoi ressemble l'automatisation aujourd'hui

L'outil de tri lit les contrats entrants en les comparant à un petit ensemble de gabarits de clauses et signale les écarts, en s'appuyant sur une base de connaissances privée bâtie à partir de nos propres formulaires standards plutôt que sur des données d'entraînement publiques. Une personne approuve encore chaque escalade avant qu'elle n'atteigne les avocats externes. Rien dans cette configuration ne nous soustrait à la Loi 25 ou à la LPRPDE — aucun outil ne fait ça, et je me méfierais de quiconque prétendrait le contraire. Ce que ça nous donne, c'est un flux de données qu'on peut réellement décrire dans un document d'évaluation sans tourner autour du pot, ce qui semble être, de toute façon, l'essentiel de ce que demandent les lignes directrices du régulateur.

Mon erreur à moi, si je dois en nommer une, a été de supposer que la question de la résidence et la question de la juridiction étaient une seule et même question. Elles sont liées, mais pas identiques, et démêler les deux nous a coûté la majeure partie du retard sur ce projet. Si c'était à refaire, je poserais les questions sur la structure corporative et les sous-traitants dès le premier appel, pas au troisième.

Si vous faites cette évaluation vous-même, augureai.ca présente la politique de confidentialité et les détails sur les sous-traitants avec suffisamment de précision pour qu'un analyste puisse vraiment travailler à partir de ça — ce qui n'était pas le cas pour tous les fournisseurs qu'on a regardés.

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