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Conformité

Les entreprises québécoises ont-elles besoin d'IA hébergée au Canada ?

La Loi 25 et les lois fédérales sur la protection des renseignements personnels créent des exigences d'hébergement spécifiques. Voici ce que les entreprises québécoises doivent savoir sur la conformité en IA.

Par Augure·
Vue d'un horizon urbain moderne avec des arbres luxuriants.

Les entreprises québécoises font face à des exigences de conformité de plus en plus complexes lors de la sélection d'outils d'IA. Bien que la Loi 25 n'exige pas explicitement l'hébergement canadien, les articles 17 et 18 créent des obligations strictes pour les transferts de données transfrontaliers qui rendent difficile à justifier les plateformes d'IA hébergées aux États-Unis d'un point de vue de conformité. Combiné aux exigences fédérales de la LPRPDE et aux obligations sectorielles spécifiques, le paysage réglementaire favorise fortement les solutions hébergées au Canada pour les organisations traitant des renseignements personnels ou des données confidentielles.

Exigences de transferts transfrontaliers de la Loi 25

La Loi 25 a transformé le paysage de la protection des renseignements personnels au Québec en septembre 2023. L'article 17 exige que les organisations s'assurent que les renseignements personnels transférés hors du Québec reçoivent « une protection équivalente à celle prévue par la présente loi ».

Cela crée des complications immédiates pour les plateformes d'IA hébergées aux États-Unis. Les lois américaines sur la protection des renseignements personnels offrent des protections plus faibles que la Loi 25, et les autorités de surveillance américaines ont des droits d'accès plus larges sous des lois comme le CLOUD Act et la section 702 de FISA.

L'article 17 de la Loi 25 du Québec exige que les organisations démontrent que les juridictions étrangères fournissent une protection équivalente de la vie privée avant de transférer des renseignements personnels — une norme que les outils d'IA hébergés aux États-Unis peinent à respecter sous les lois américaines actuelles sur la vie privée, particulièrement étant donné les larges pouvoirs de surveillance sous le CLOUD Act.

L'article 18 ajoute des exigences procédurales sous l'article 67.3, imposant des évaluations d'impact sur la vie privée pour les transferts transfrontaliers et exigeant la mise en place de mesures de protection contractuelles ou techniques. La Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) a le pouvoir d'application sous l'article 94 et peut ordonner aux organisations de cesser les transferts non conformes.

Les pénalités sont substantielles sous l'article 101. Les amendes de la Loi 25 atteignent 25 000 000 $ CA ou 4 % du chiffre d'affaires mondial pour les entreprises. La CAI a déjà démontré sa volonté d'utiliser ces pouvoirs, émettant des ordonnances de conformité en 2024 pour des protections inadéquates de transferts transfrontaliers.


Implications de la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels

La LPRPDE ajoute une autre couche de complexité par le principe 4.9, qui permet les transferts internationaux avec un consentement approprié ou des protections contractuelles. Cependant, le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a exprimé du scepticisme quant à l'adéquation de la protection des données américaines sous les exigences de mesures de sécurité du principe 4.1.3.

Le Rapport annuel 2023 de la LPRPDE a spécifiquement souligné les préoccupations concernant l'accès du gouvernement étranger aux renseignements personnels canadiens. Le commissaire Philippe Dufresne a noté que les clauses contractuelles types pourraient être insuffisantes lorsque les lois étrangères accordent de larges pouvoirs de surveillance.

Ce scepticisme réglementaire crée des risques de conformité pratiques. Les organisations utilisant des outils d'IA hébergés aux États-Unis doivent justifier leurs mécanismes de transfert aux régulateurs provinciaux et fédéraux qui ont exprimé des doutes sur les protections de la vie privée américaines.

Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a averti que les clauses contractuelles types pourraient ne pas satisfaire les exigences de mesures de sécurité du principe 4.1.3 de la LPRPDE lorsque les lois de surveillance étrangères peuvent outrepasser les engagements de protection de la vie privée, particulièrement sous le CLOUD Act américain qui accorde aux autorités américaines un accès extraterritorial aux données peu importe où l'information est stockée.

Les secteurs réglementés fédéraux font face à des exigences supplémentaires. Les institutions financières sous la supervision du BSIF doivent considérer les implications de risque opérationnel du stockage de données à l'étranger sous la Ligne directrice B-10. Les organisations de soins de santé de juridiction fédérale doivent naviguer des obligations spécifiques de consentement et de sécurité sous la Loi sur la protection des renseignements personnels sur la santé.


Obligations professionnelles et éthiques

Les ordres professionnels du Québec ajoutent des couches de conformité sectorielles spécifiques. Le Barreau du Québec a émis des directives exigeant que les avocats maintiennent la confidentialité sous le Code des professions lors de l'utilisation d'outils d'IA — difficile à garantir avec des plateformes hébergées aux États-Unis sujettes aux ordonnances de divulgation étrangères.

L'Ordre des comptables professionnels agréés du Québec a des exigences de confidentialité similaires sous leur Code de déontologie. Les comptables traitant des informations clients doivent considérer si les outils d'IA hébergés aux États-Unis créent des risques de divulgation qui violent les devoirs professionnels.

Ces obligations professionnelles opèrent indépendamment des lois sur la protection des renseignements personnels. Un avocat pourrait faire face à une action disciplinaire pour des violations de confidentialité même si son fournisseur d'IA revendique la conformité à la LPRPDE.

Les professionnels de la santé sous le Collège des médecins du Québec doivent naviguer à la fois la Loi 25 et les règles de confidentialité professionnelles sous la Loi médicale. Utiliser de l'IA hébergée aux États-Unis pour l'analyse d'informations de patients crée de multiples expositions de conformité.


CPCSC et contexte d'approvisionnement fédéral

Le Centre canadien pour la cybersécurité (CPCSC) du Centre de la sécurité des télécommunications a émis des directives sous ITSG-33 favorisant la résidence des données canadiennes pour le traitement d'informations sensibles.

Les directives de sécurité infonuagique du CPCSC mettent l'accent sur les considérations de souveraineté des données. Bien qu'elles ne soient pas légalement contraignantes pour les organisations privées, ces directives influencent les décisions d'approvisionnement dans les secteurs public et privé.

Les politiques d'approvisionnement fédéral sous le Règlement sur les contrats de l'État mettent de plus en plus l'accent sur la résidence des données canadiennes. Les organisations cherchant des contrats gouvernementaux pourraient trouver que les outils d'IA hébergés au Canada offrent des avantages d'approvisionnement au-delà de la conformité réglementaire.

La Stratégie nationale de cybersécurité 2024 a renforcé l'accent sur la protection des données canadiennes contre l'accès étranger. Cette direction politique suggère une pression réglementaire continue vers les solutions d'hébergement domestiques.


Considérations pratiques de conformité

Les entreprises québécoises évaluant les plateformes d'IA devraient évaluer plusieurs facteurs de conformité :

Résidence des données : Où l'information est-elle réellement traitée et stockée ? • Structure corporative : Le fournisseur d'IA a-t-il des parents ou investisseurs américains sujets aux ordonnances légales américaines ? • Contrôles d'accès : Les gouvernements étrangers peuvent-ils contraindre la divulgation de données par des processus légaux ? • Notification de violation : Comment les incidents transfrontaliers affectent-ils les obligations de notification de l'article 67.1 de la Loi 25 et de l'article 10.1 de la LPRPDE ? • Droits de vérification : Pouvez-vous vérifier la conformité aux exigences québécoises et fédérales ?

L'analyse de conformité devient plus complexe pour les organisations dans plusieurs secteurs réglementés. Un cabinet d'avocats québécois servant des clients du secteur financier doit considérer les règles de confidentialité du Barreau, les exigences de transfert de la Loi 25, les obligations de la LPRPDE, et potentiellement les directives de risque opérationnel B-10 du BSIF.

Les organisations dans plusieurs secteurs réglementés font face à des obligations de conformité qui se chevauchent, ce qui fait des solutions d'IA hébergées au Canada le chemin le plus clair vers la certitude réglementaire, éliminant les risques de transferts transfrontaliers sous l'article 17 de la Loi 25 et le principe 4.9 de la LPRPDE.


Modèles de conformité sectoriels

Le secteur juridique du Québec a montré une forte préférence pour les outils hébergés au Canada. Les grands cabinets montréalais ont cité la protection du secret professionnel comme exigeant la résidence des données domestiques. Les risques de découverte transfrontalière rendent l'IA hébergée aux États-Unis particulièrement problématique pour le travail de litige.

Les organisations de services financiers au Québec doivent naviguer à la fois la loi provinciale sur la protection des renseignements personnels et la réglementation prudentielle fédérale sous la Loi sur les banques et la Loi sur les sociétés d'assurances. Plusieurs caisses populaires québécoises ont adopté l'IA hébergée au Canada spécifiquement pour éviter les préoccupations de risque opérationnel du BSIF concernant le stockage de données à l'étranger.

Les organisations de soins de santé font face à la matrice de conformité la plus complexe. Les hôpitaux et cliniques québécois doivent satisfaire la Loi 25, les exigences des collèges professionnels, et les obligations de confidentialité sectorielles spécifiques. Les outils d'IA hébergés aux États-Unis créent de multiples expositions de conformité que les solutions canadiennes éliminent.

Les entreprises manufacturières et technologiques ont montré plus de variation dans leur approche. Les organisations traitant des renseignements personnels minimaux peuvent accepter les risques de conformité d'hébergement américain. Cependant, les entreprises avec des opérations québécoises significatives favorisent de plus en plus les solutions canadiennes pour la simplicité réglementaire.


L'avantage de la souveraineté

Les plateformes d'IA hébergées au Canada comme Augure éliminent entièrement l'analyse de conformité. Avec une résidence des données 100 % canadienne, aucune structure corporative américaine, et aucune exposition d'investisseur étranger aux ordonnances légales américaines, les solutions axées sur la souveraineté éliminent les préoccupations de transferts transfrontaliers sous l'article 17 de la Loi 25 et le principe 4.9 de la LPRPDE.

Cette approche s'aligne avec les exigences réglementaires actuelles et les directions politiques émergentes. L'accent du gouvernement fédéral sur la souveraineté numérique suggère un mouvement continu vers les attentes de résidence des données canadiennes.

Pour les entreprises québécoises, l'IA hébergée au Canada fournit une certitude réglementaire à travers plusieurs cadres de conformité. Au lieu de gérer des mécanismes de transfert complexes et des risques de lois étrangères, les organisations peuvent se concentrer sur leurs activités commerciales principales.


Prendre la décision de conformité

La question n'est pas de savoir si les entreprises québécoises doivent légalement utiliser l'IA hébergée au Canada — la Loi 25 et la LPRPDE permettent les transferts à l'étranger avec des mesures de protection appropriées. La question est de savoir si la complexité de conformité, le risque réglementaire, et les obligations professionnelles font de l'hébergement canadien le choix pratique.

Pour la plupart des organisations québécoises traitant des renseignements personnels, la réponse pointe de plus en plus vers les solutions domestiques. Le fardeau réglementaire de justifier les transferts de données américaines continue de croître tandis que les alternatives canadiennes comme Augure offrent une fonctionnalité équivalente sans complexité de conformité.

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