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IA canadienne

Cohere est-elle canadienne? Oui, et voici la meilleure question à poser

Cohere a son siège à Toronto, des fondateurs canadiens et de l'argent de caisses de retraite canadiennes derrière elle. Ça répond à la question de la propriété. Pas à celle de savoir où vos requêtes sont traitées aujourd'hui.

Par Augure·
La silhouette de Toronto avec la Tour CN derrière un drapeau canadien sur son mât

Oui. Cohere est une entreprise canadienne. Siège social à Toronto, fondée au Canada en 2019 par trois Canadiens, avec de l'argent de caisses de retraite canadiennes parmi ses principaux bailleurs de fonds.

La propriété, c'est réglé. Ce qui reste ouvert, c'est la question que la plupart des gens posent vraiment quand ils la tapent dans un moteur de recherche : est-ce que leurs propres données restent au pays? Ce sont deux questions différentes, et seule la première se répond en un mot.

À qui appartient l'entreprise?

L'entreprise a été fondée à Toronto en 2019 par Aidan Gomez, Nick Frosst et Ivan Zhang. Gomez est l'un des coauteurs de l'article de recherche qui a introduit le transformeur, l'architecture sur laquelle presque tous les modèles d'IA actuels reposent. C'est une véritable histoire d'origine canadienne et ça mérite d'être dit clairement.

Le financement, lui, est mixte, et mixte d'une manière qui reflète la façon dont les grandes entreprises d'IA se financent aujourd'hui. La ronde la plus récente a été menée par Radical Ventures et Inovia Capital, toutes deux canadiennes, avec Investissements PSP, le Régime de retraite des professionnels de la santé de l'Ontario et la BDC également au registre. Nvidia, AMD, Oracle, Salesforce et Cisco sont aussi actionnaires, et ces cinq-là sont américaines.

Rien de tout ça ne rend l'entreprise moins canadienne. Les entreprises canadiennes lèvent des fonds à l'international. Ça vaut quand même la peine de le savoir, parce que « qui la possède » et « qui peut la contraindre » sont des questions liées, et c'est la seconde qui intéresse vos obligations en matière de vie privée.

Propriété canadienne veut-elle dire traitement canadien?

Non, et c'est la partie que la réponse sur le siège social escamote.

L'endroit où une entreprise est constituée et l'endroit où elle exécute votre charge de travail sont deux faits distincts que les gens fusionnent en un seul. Une entreprise canadienne peut vous servir depuis la Virginie. Une entreprise américaine peut vous servir depuis Toronto. Ni l'un ni l'autre n'est malhonnête, et ni l'un ni l'autre ne correspond à ce qu'un client suppose en lisant le mot « canadienne » sur une page d'accueil.

L'adresse du siège social vous dit à qui appartient l'entreprise. Elle ne vous dit pas sur quel matériel votre question a été traitée.

Une façon utile de le retenir : la nationalité est un fait au sujet de l'entreprise, la résidence est un fait au sujet de la requête. Les fournisseurs de tous horizons brouillent les deux parce que le flou les avantage, et les acheteurs laissent faire parce que la distinction a l'air d'un détail technique jusqu'au jour où quelqu'un demande où un dossier client précis a été traité.

Dans les faits, ce jour-là arrive sous la forme d'un questionnaire de sécurité, d'un formulaire d'approvisionnement d'un client ou d'une lettre d'un organisme de réglementation. Aucun des trois n'accepte un siège social comme réponse.

Pour vos propres obligations, l'adresse qui compte est celle où le traitement a lieu, plus la question de savoir les tribunaux de quel pays peuvent ordonner à cette entreprise de produire ce qu'elle détient.

Où Cohere fonctionne-t-elle vraiment?

Quatre modes de déploiement sont publiés, ce qui est plus de transparence que la plupart des fournisseurs en offrent, et ils aboutissent à des réponses différentes sur cette question.

Le premier, c'est la plateforme hébergée de Cohere elle-même, la façon rapide de commencer à utiliser les modèles. Le deuxième passe par les grands fournisseurs infonuagiques : Amazon Bedrock et SageMaker, Azure AI Foundry, et le service d'IA générative d'Oracle. Sur ce chemin-là, la résidence dépend de la région que vous choisissez chez ce fournisseur, et le fournisseur est américain. Les troisième et quatrième sont des déploiements privés, soit dans votre propre nuage privé virtuel, soit sur vos propres serveurs, y compris des installations complètement isolées. Là, les données restent dans votre environnement et Cohere n'y a pas accès.

Le déploiement privé est l'option forte pour la résidence, et elle est réelle. C'est aussi un projet d'infrastructure. Il vous faut un environnement infonuagique, quelqu'un pour l'exploiter, et un budget qui suppose une échelle d'entreprise. C'est une bonne réponse pour une banque. Ce n'est pas une réponse qu'une firme de neuf personnes peut appliquer mardi prochain.

Il faut le dire clairement : l'écart entre ces deux chemins est là où se loge l'essentiel de la confusion. Sur la plateforme hébergée ou dans la région d'un fournisseur infonuagique, vous vous fiez à un réglage et à un contrat. Sur un déploiement privé, vous vous fiez au fait que les données n'ont jamais quitté votre bâtiment. Ce sont deux types d'assurance différents, et seul le second résiste à une question sur les ordonnances de tribunaux étrangers sans qu'un avocat ait à éplucher les conditions.

Il y a aussi du nouveau qui s'en vient. En juin 2026, Bell, Cohere, Hypertec et BUZZ HPC ont annoncé une entente de trois ans de 220 M$ US pour construire une grappe de calcul dans le centre de données de Bell à Merritt, en Colombie-Britannique, sur du matériel assemblé au Canada. La mise en service est prévue de la fin 2026 au début 2027. Appelons ça par son nom : un engagement sérieux envers de la capacité hébergée au Canada, avec un échéancier publié plutôt qu'une disponibilité immédiate.

Et Augure, si on lui pose la même question?

C'est de bonne guerre, et ce serait un texte bien peu solide s'il posait cette question à une concurrente sans se la poser à lui-même.

Augure stocke les données de ses clients au Canada. L'inférence s'exécute sur une infrastructure canadienne et auprès de partenaires européens vérifiés liés par des ententes de non-conservation des données, et n'est jamais acheminée vers des fournisseurs situés aux États-Unis. Certains niveaux de modèles fonctionnent au Canada, d'autres en Europe. Il serait donc inexact de dire que chaque requête est traitée en sol canadien, et on préfère l'écrire que vous laisser le découvrir plus tard.

Il n'y a ni société mère américaine ni investisseurs américains, donc aucun fournisseur sous contrôle américain ne manipule le contenu des clients pour qu'un tribunal américain puisse l'atteindre.

Deux flux limités touchent quand même les États-Unis, tous deux documentés dans la politique de confidentialité : les réseaux de cartes de paiement et l'envoi de courriels. Quiconque nous compare à un outil américain devrait le savoir, et quiconque nous compare à Cohere devrait poser la même question à Cohere et exiger une vraie réponse.

Quoi faire cette semaine

  • Posez les deux mêmes questions aux deux fournisseurs, par écrit. À qui appartient le matériel qui exécute la requête, et les tribunaux de quel pays peuvent ordonner à cette entreprise de produire ce qu'elle a vu? Un fournisseur qui répond par l'adresse de son siège social a répondu à une autre question.
  • Déterminez sur quel mode de déploiement vous seriez vraiment. Avec Cohere, c'est tout l'enjeu : la plateforme hébergée, la région d'un fournisseur infonuagique ou votre propre environnement sont trois réponses différentes. Demandez lequel votre budget et votre équipe peuvent réellement soutenir.
  • Faites passer une vraie tâche par une option canadienne avant de décider. Pas une requête de démonstration, un document avec lequel vous travaillez pour vrai. Augure est gratuit pour commencer, avec 50 messages par jour et cinq documents, et le forfait Pro est à 20 $ CA par mois par personne, facturé en dollars canadiens.

Cohere est une réussite canadienne et l'IA canadienne se porte mieux parce qu'elle existe. Le propos est plus étroit qu'une rivalité : le mot « canadienne » sur le site d'un fournisseur répond à une question de propriété, et votre question à vous porte sur vos données. Faites-leur répondre à celle-là. Les détails sur la façon dont Augure s'y prend sont à augureai.ca.

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À propos d'Augure

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