La Loi 25 du Québec et l'IA : Ce que les entreprises doivent savoir en 2026
La Loi 25 du Québec impose des exigences strictes de transparence de l'IA et de protection des données. Comprenez les obligations de conformité, les pénalités jusqu'à 4 % des revenus et les choix d'infrastructure.
La Loi 25 du Québec a fondamentalement changé la façon dont les entreprises doivent aborder les systèmes d'IA et le traitement des données. Sous les articles 12.1 et 14 de la Loi 25, les organisations utilisant l'IA pour la prise de décision automatisée doivent fournir une transparence explicite concernant la logique impliquée et obtenir un consentement manifestement éclairé et explicite pour le traitement de renseignements personnels. Les pénalités administratives pécuniaires sous l'article 91 peuvent atteindre 4 % des revenus mondiaux ou 25 000 000 $ CA, faisant de la conformité une préoccupation au niveau du conseil d'administration. Pour les entreprises déployant des systèmes d'IA au Québec, comprendre ces exigences n'est pas optionnel—c'est essentiel pour éviter une exposition réglementaire significative.
Comprendre les dispositions spécifiques à l'IA de la Loi 25
La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé du Québec (Loi 25) inclut des dispositions spécifiques qui impactent directement la façon dont les entreprises peuvent déployer et opérer les systèmes d'IA.
L'article 12.1 exige que les organisations informent les individus lorsqu'une décision est prise exclusivement par traitement automatisé, incluant les systèmes d'IA. Ce n'est pas une divulgation générique—vous devez expliquer la logique impliquée et les conséquences possibles pour l'individu.
L'exigence de transparence s'applique à toute décision automatisée qui « produit des effets juridiques le concernant ou l'affecte de façon similaire de manière significative ». Cela couvre les algorithmes d'embauche, les modèles de notation de crédit, les systèmes de souscription d'assurance ou les robots conversationnels de service à la clientèle prenant des décisions de compte.
Sous l'article 12.1 de la Loi 25, les organisations doivent fournir des informations significatives concernant la logique de prise de décision par IA et les conséquences—les avis de confidentialité génériques ne peuvent satisfaire les exigences de transparence du Québec pour les systèmes de traitement automatisé.
L'article 14 ajoute une autre couche, exigeant que le consentement pour le traitement par IA soit « manifestement éclairé et explicite ». Cela signifie que les individus doivent comprendre non seulement que vous utilisez l'IA, mais comment leurs renseignements personnels seront traités dans les systèmes d'IA.
L'article 3.3 exige des évaluations d'impact sur la vie privée pour les systèmes d'IA qui présentent un « risque élevé pour la protection des renseignements personnels », ce qui inclut typiquement les systèmes de prise de décision automatisée.
Scénarios de conformité du monde réel
Considérez une compagnie d'assurance basée à Montréal utilisant l'IA pour évaluer les réclamations. Sous les articles 12.1 et 14 de la Loi 25, elle doit informer les réclamants que l'IA est impliquée dans l'évaluation, expliquer comment le système évalue les données de réclamations et obtenir un consentement explicite pour traiter les renseignements personnels par le système d'IA.
Un détaillant québécois utilisant des moteurs de recommandation alimentés par IA fait face à des obligations similaires. Si l'IA traite l'historique d'achats pour faire des suggestions de produits qui pourraient être considérées comme des « décisions », les exigences de transparence sous l'article 12.1 s'appliquent.
Les institutions financières ont une complexité additionnelle. Une caisse populaire de Québec utilisant l'IA pour les approbations de prêts doit satisfaire les exigences de transparence de la Loi 25 tout en respectant aussi les réglementations bancaires fédérales et les droits d'accès individuels du Principe 4.8 de PIPEDA.
La distinction clé est que la Loi 25 n'exige pas seulement des avis de confidentialité—elle exige une transparence fonctionnelle concernant les processus de prise de décision par IA sous l'article 12.1.
Structure de pénalités et réalité d'application
La Commission d'accès à l'information du Québec (CAI) a des pouvoirs d'application significatifs sous le cadre de pénalités de la Loi 25 décrit dans les articles 91-93.
Les pénalités administratives pécuniaires pour les entreprises varient de 15 000 $ à 25 000 000 $ CA, ou jusqu'à 4 % du chiffre d'affaires mondial—selon le plus élevé. Pour les individus dans les organisations, les pénalités varient de 1 000 $ à 10 000 $ CA par violation sous l'article 92.
La CAI peut aussi émettre des ordonnances de conformité sous l'article 89 exigeant des actions correctives spécifiques et des ordonnances de publication sous l'article 90 exigeant la divulgation publique des violations. Ces pénalités non pécuniaires portent souvent plus d'impact de réputation que les amendes.
L'approche d'application de la CAI sous les articles 89-93 de la Loi 25 se concentre sur les défaillances de conformité systémiques plutôt que les incidents isolés—les organisations avec une gouvernance d'IA déficiente font face à des pénalités croissantes des ordonnances de conformité aux sanctions pécuniaires maximales.
Les orientations récentes de la CAI suggèrent qu'elle se concentre particulièrement sur les organisations qui implémentent des systèmes d'IA sans mener d'évaluations d'impact sur la vie privée appropriées sous l'article 3.3 ou obtenir un consentement approprié pour la prise de décision automatisée sous l'article 14.
Interaction réglementaire fédérale-provinciale
Les entreprises québécoises doivent naviguer à la fois la Loi 25 et les lois fédérales sur la protection de la vie privée, créant un environnement de conformité complexe.
PIPEDA s'applique aux organisations sous réglementation fédérale et au commerce interprovincial sous l'article 4 de la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, tandis que la Loi 25 couvre les organisations du secteur privé basées au Québec. Plusieurs entreprises tombent sous les deux cadres simultanément.
Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a émis des orientations sur l'IA et la prise de décision automatisée sous le Principe 4.1.3 de PIPEDA (responsabilité) et le Principe 4.8 (accès individuel), mettant l'accent sur les obligations de transparence. Cependant, les exigences de l'article 12.1 de la Loi 25 sont plus prescriptives et strictes.
Pour les systèmes d'IA, cela signifie mener des évaluations d'impact sur la vie privée qui satisfont à la fois le principe de responsabilité de PIPEDA et les exigences de l'article 3.3 de la Loi 25, implémenter des mécanismes de consentement qui rencontrent la norme « manifestement éclairé et explicite » de la Loi 25 sous l'article 14, et maintenir une documentation qui démontre la conformité avec les deux cadres.
Les organisations sujettes aux deux lois doivent implémenter la norme plus élevée où les exigences diffèrent.
Considérations d'infrastructure pour la conformité
Les exigences de consentement et de transparence de la Loi 25 créent des défis pratiques pour les entreprises utilisant des plateformes d'IA avec des arrangements de traitement de données complexes.
Plusieurs services d'IA populaires traitent les données par l'infrastructure ou les entités corporatives basées aux États-Unis, créant des obligations de divulgation additionnelles sous l'article 17 de la Loi 25. Les organisations doivent informer les individus concernant les transferts transfrontaliers de données et obtenir le consentement pour ces transferts.
Le CLOUD Act ajoute une autre couche de complexité. Les fournisseurs d'IA basés aux États-Unis peuvent être sujets aux demandes d'accès aux données du gouvernement américain, ce qui pourrait entrer en conflit avec les exigences de sauvegardes de sécurité de la Loi 25 sous l'article 8.
Les choix d'infrastructure impactent directement les obligations de conformité sous l'article 17 de la Loi 25—les systèmes d'IA avec traitement de données basé aux États-Unis exigent des mécanismes de consentement étendus et des divulgations de transfert transfrontalier que l'infrastructure souveraine canadienne élimine entièrement.
Les entreprises reconnaissent de plus en plus que l'infrastructure d'IA souveraine simplifie la conformité en éliminant les enjeux de transfert transfrontalier sous l'article 17 et l'exposition légale étrangère.
L'approche d'Augure adresse ces défis en maintenant une résidence de données 100 % canadienne et en évitant les structures corporatives américaines qui déclenchent l'exposition au CLOUD Act, fournissant aux organisations une fondation conforme pour les opérations d'IA sous la Loi 25.
Implémentation pratique de la conformité
Intégrer la conformité à la Loi 25 dans les opérations d'IA exige une approche systématique à travers les domaines légaux, techniques et opérationnels.
Commencez avec une évaluation d'impact sur la vie privée sous l'article 3.3 qui adresse spécifiquement les processus de prise de décision par IA. La Loi 25 exige ces évaluations pour tout traitement qui présente un « risque élevé pour la protection des renseignements personnels »—la prise de décision automatisée est typiquement admissible.
Implémentez des mécanismes de consentement sous l'article 14 qui expliquent clairement l'implication de l'IA dans la prise de décision. Les politiques de confidentialité génériques ne satisferont pas les exigences de consentement « manifestement éclairé et explicite » de la Loi 25—vous avez besoin de divulgations spécifiques concernant la logique et les conséquences de l'IA comme exigé par l'article 12.1.
Développez des procédures pour gérer les demandes de droits individuels liées aux systèmes d'IA. Sous l'article 27 de la Loi 25, les individus peuvent demander des explications des décisions automatisées et contester les résultats pilotés par IA.
Documentez vos processus de gouvernance d'IA. L'approche d'application de la CAI sous les articles 89-93 met l'accent sur la responsabilité—les organisations qui peuvent démontrer des efforts de conformité proactifs font face à de meilleurs résultats réglementaires.
Regard vers l'avenir : Tendances d'application et meilleures pratiques
Le modèle d'application de la CAI suggère qu'elle développe une expertise dans les violations de vie privée liées à l'IA sous le cadre de la Loi 25.
Les organisations devraient s'attendre à un examen accru des systèmes d'IA qui traitent des renseignements personnels sensibles ou prennent des décisions importantes concernant les individus. L'IA en santé, les algorithmes de services financiers et la technologie RH font face à une attention réglementaire particulière sous les articles 12.1 et 14.
Les meilleures pratiques impliquent l'implémentation de principes de protection de la vie privée dès la conception dans le développement d'IA, la conduite d'audits de conformité réguliers des systèmes d'IA sous l'article 3.3, et le maintien de cadres de gouvernance clairs pour les décisions de déploiement d'IA.
La conformité proactive avec les articles 12.1, 14 et 3.3 de la Loi 25 démontre la bonne foi à la CAI—les organisations qui attendent l'action d'application font face à des pénalités jusqu'à 4 % des revenus mondiaux et des exigences correctives plus prescriptives sous les articles 89-93.
L'environnement réglementaire continue d'évoluer, mais les exigences fondamentales de la Loi 25 pour la transparence et le consentement de l'IA demeurent cohérentes sous les articles 12.1 et 14. Les organisations qui intègrent la conformité dans leur infrastructure et opérations d'IA créent des avantages concurrentiels durables.
Pour les entreprises sérieuses concernant la conformité québécoise, la voie vers l'avant implique de choisir une infrastructure d'IA qui soutient plutôt que complique les obligations réglementaires. L'approche souveraine d'Augure élimine plusieurs complexités de conformité tout en fournissant les capacités d'IA que les organisations modernes requièrent.
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À propos d'Augure
Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.