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Souveraineté des données

Que se passe-t-il si votre fournisseur d'IA est assujetti au CLOUD Act?

Le CLOUD Act américain donne aux autorités américaines accès à vos données peu importe où elles sont stockées. Voici ce que les organisations canadiennes doivent savoir sur la conformité.

Par Augure·
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Lorsque votre fournisseur d'IA est assujetti au CLOUD Act américain, les autorités américaines peuvent contraindre l'accès à vos données par des ordonnances de divulgation — même si ces données sont stockées au Canada. Cela crée des conflits directs avec les lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels comme la Loi 25 et PIPEDA, exposant potentiellement votre organisation à des pénalités réglementaires atteignant 25 millions $ CA ou 4 % des revenus mondiaux sous l'article 93 de la Loi 25. Le CLOUD Act s'applique à toute entreprise américaine ou filiale, rendant l'emplacement des données non pertinent pour la plupart des principales plateformes d'IA.


Comprendre la portée et l'étendue du CLOUD Act

Le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act (CLOUD Act) a fondamentalement changé la façon dont les autorités américaines accèdent aux données détenues par les entreprises américaines. Adopté en 2018, il exige des fournisseurs basés aux États-Unis qu'ils divulguent les données en réponse à un processus légal valide, peu importe où ces données sont physiquement stockées.

Cela signifie que vos données commerciales sensibles traitées par ChatGPT, Claude ou les services d'IA de Google demeurent assujetties aux ordonnances de divulgation américaines même lorsqu'elles sont stockées sur des serveurs canadiens. Le facteur déterminant n'est pas l'emplacement géographique — c'est le contrôle corporatif.

Le CLOUD Act s'applique à tout fournisseur de services qui est une personne américaine ou qui est assujetti à la juridiction américaine, incluant les filiales étrangères d'entreprises américaines. Les organisations canadiennes utilisant ces services demeurent assujetties aux ordonnances de divulgation de données américaines peu importe les promesses contractuelles de résidence des données.

Les géants technologiques américains opérant au Canada structurent typiquement leurs opérations comme filiales de sociétés mères américaines. Microsoft Canada, Google Canada et OpenAI (par le partenariat de Microsoft) tombent tous sous la juridiction du CLOUD Act malgré leur présence canadienne.


Comment les ordonnances de divulgation créent des conflits de conformité

Quand les autorités américaines émettent une ordonnance CLOUD Act, votre fournisseur fait face à un choix binaire : se conformer à l'ordonnance américaine ou faire face à des pénalités criminelles. Cela crée des conflits immédiats avec les obligations canadiennes de protection des renseignements personnels.

Sous l'article 17 de la Loi 25 du Québec, les organisations doivent obtenir un consentement explicite avant de transférer des renseignements personnels hors du Québec. L'article 18 interdit spécifiquement les transferts vers des juridictions sans protection adéquate — un standard qui devient insignifiant lorsque la divulgation est contrainte par l'application de la loi étrangère.

Le principe 4.1.3 de PIPEDA exige que les organisations utilisent des moyens contractuels ou autres pour fournir une protection comparable lorsque les renseignements personnels sont traités hors du Canada. Ces protections échouent lorsqu'elles sont annulées par des lois de divulgation obligatoire.

Les pénalités sont substantielles. Les violations de l'article 93 de la Loi 25 peuvent résulter en amendes jusqu'à 25 millions $ CA ou 4 % du chiffre d'affaires mondial. Les violations de PIPEDA comportent des pénalités jusqu'à 100 000 $ CA par occurrence sous la Loi sur la protection de la vie privée des consommateurs proposée.

Les organisations canadiennes utilisant des services d'IA assujettis au CLOUD Act font face à un choix impossible : violer la loi canadienne sur la protection des renseignements personnels par une divulgation étrangère non autorisée ou obstruer le processus légal américain. L'interdiction de l'article 18 de la Loi 25 sur les transferts vers des juridictions inadéquatement protégées devient inapplicable lorsque les autorités américaines peuvent contraindre la divulgation peu importe les garanties contractuelles.


Scénarios d'application dans le monde réel

Le théorique devient pratique en examinant les modèles d'application récents. En 2023, la Commission d'accès à l'information du Québec a enquêté sur plusieurs organisations pour violations de la Loi 25 impliquant des services infonuagiques basés aux États-Unis.

Les organisations de soins de santé font face à une exposition particulière. Un hôpital québécois utilisant l'IA basée aux États-Unis pour l'analyse de données de patients pourrait violer les protections strictes d'information de santé de l'article 19 de la Loi 25 tout en assujettissant simultanément les dossiers de patients aux ordonnances du CLOUD Act.

Les institutions financières rencontrent des défis similaires. Utiliser ChatGPT pour l'analyse du service à la clientèle expose l'information des clients à une divulgation américaine potentielle tout en violant les garanties d'information financière du principe 4.3 de PIPEDA.

Les cabinets d'avocats représentent l'exemple le plus frappant. Le privilège avocat-client sous la loi canadienne ne fournit aucune protection contre les ordonnances du CLOUD Act servies sur des plateformes d'IA contrôlées par les États-Unis traitant des communications privilégiées.


Impacts opérationnels de l'exposition au CLOUD Act

Au-delà des pénalités réglementaires, l'exposition au CLOUD Act crée des vulnérabilités opérationnelles qui affectent la continuité des affaires et la position concurrentielle. Les ordonnances de divulgation incluent souvent des dispositions de bâillon empêchant les organisations d'aviser les clients ou partenaires affectés.

Votre organisation pourrait ne jamais savoir quand des données ont été divulguées. Les ordonnances du CLOUD Act peuvent inclure des exigences de non-divulgation durant des mois ou des années, créant une incertitude continue sur la sécurité de l'information.

Les relations clients souffrent lorsque les contrats promettent la résidence canadienne des données mais la manipulation réelle des données implique des plateformes assujetties au CLOUD Act. Les gouvernements provinciaux exigent de plus en plus une preuve de souveraineté des données pour la qualification des fournisseurs.

La responsabilité professionnelle augmente lorsque les devoirs fiduciaires entrent en conflit avec les obligations de conformité des fournisseurs. Les administrateurs et dirigeants font face à une exposition potentielle lorsque les pratiques d'IA organisationnelles violent les engagements de protection des renseignements personnels envers les parties prenantes.


Identifier les services d'IA assujettis au CLOUD Act

La plupart des plateformes d'IA populaires opèrent sous contrôle corporatif américain. OpenAI demeure une entité américaine. Anthropic opère comme une entreprise américaine. Les services d'IA de Google fonctionnent par Google LLC basée aux États-Unis.

Les offres d'IA de Microsoft, incluant Azure OpenAI Service, tombent carrément sous la juridiction du CLOUD Act. Même lorsque commercialisés comme services « canadiens » fonctionnant dans des centres de données canadiens, la structure corporative sous-jacente détermine l'exposition légale.

Les services d'IA d'Amazon par AWS opèrent sous des contraintes similaires. Malgré les régions canadiennes et le marketing local, l'incorporation de la société mère aux États-Unis crée une exposition au CLOUD Act.

La diligence raisonnable exige maintenant d'examiner non seulement où les données sont stockées, mais la structure complète de propriété corporative des fournisseurs d'IA. Les revendications marketing de résidence canadienne des données deviennent insignifiantes lorsque la société mère demeure assujettie à la contrainte légale américaine.

L'enquête clé n'est pas géographique — elle est corporative. Vous devez examiner :

  • La juridiction et l'incorporation de la société mère
  • La nationalité des investisseurs et les structures de contrôle
  • Le contrôle opérationnel et les chemins d'accès aux données
  • La gouvernance corporative et les relations de rapport légal

Atténuer les risques du CLOUD Act par des alternatives souveraines

La vraie immunité au CLOUD Act exige une séparation complète des structures corporatives américaines. Cela signifie choisir des plateformes d'IA avec incorporation canadienne, propriété canadienne et contrôle opérationnel canadien.

Des plateformes comme Augure opèrent entièrement dans la juridiction canadienne. Aucune société mère américaine, aucun investisseur américain, aucun contrôle corporatif américain signifie aucune exposition au CLOUD Act. Le traitement des données se produit exclusivement sur l'infrastructure canadienne sous juridiction légale canadienne.

Les capacités techniques demeurent concurrentielles. Le modèle Ossington 3 d'Augure fournit des fenêtres de contexte de 256k pour l'analyse complexe tout en maintenant la résidence complète des données canadiennes. Pour les tâches de routine, Tofino 2.5 offre un traitement rapide avec 128k de contexte — les deux fonctionnant exclusivement au Canada.

Cela importe pour les cadres de conformité au-delà de la loi sur la protection des renseignements personnels. La Loi sur la protection des systèmes cybernétiques critiques proposée exigera probablement le contrôle canadien pour l'infrastructure supportant les services essentiels.


Construire des cadres de gouvernance d'IA conformes

La gouvernance d'IA commence avec la diligence raisonnable des fournisseurs qui examine les structures corporatives, pas les revendications marketing. Votre cadre de conformité devrait inclure :

  • Vérification de la propriété corporative pour tous les fournisseurs d'IA
  • Cartographie de la juridiction légale pour les flux de traitement des données
  • Termes contractuels qui survivent aux ordonnances de divulgation étrangères
  • Procédures de réponse aux incidents pour l'exposition potentielle des données

Les exigences de documentation de l'article 3.5 de la Loi 25 demandent des dossiers détaillés de la manipulation des renseignements personnels. Cela inclut les flux de traitement par IA et les structures de conformité des fournisseurs. L'article 93 rend de plus obligatoires les évaluations d'impact sur la vie privée pour les systèmes d'IA traitant les données personnelles des résidents du Québec.

Les audits réguliers devraient vérifier la conformité continue alors que les structures corporatives changent. Les acquisitions, partenariats et rondes d'investissement peuvent altérer l'exposition au CLOUD Act sans notification.


La voie à suivre pour les organisations canadiennes

L'exposition au CLOUD Act représente un risque de conformité fondamental que les solutions géographiques ne peuvent adresser. Les organisations canadiennes sérieuses sur la souveraineté des données doivent évaluer les fournisseurs d'IA basés sur le contrôle corporatif, pas l'emplacement des serveurs.

L'environnement réglementaire continue de se resserrer. L'application de la Loi 25 du Québec par la Commission d'accès à l'information du Québec s'accélère. Les réformes fédérales de la loi sur la protection des renseignements personnels ajoutent de nouvelles pénalités. Les règles d'approvisionnement provinciales exigent de plus en plus le contrôle canadien.

Les adopteurs précoces de plateformes d'IA souveraines gagnent des avantages concurrentiels par une conformité fiable et un risque réglementaire réduit. Les organisations peuvent maintenir des capacités d'IA concurrentielles tout en assurant la juridiction canadienne complète.

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À propos d'Augure

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