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Souveraineté des données

Où sont stockées vos données d'IA ? Un guide éducatif

L'emplacement des données d'IA canadiennes détermine la conformité légale. L'infrastructure américaine déclenche l'exposition au CLOUD Act, violant les exigences de la LPRPDE et de la Loi 25.

Par Augure·
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Lorsque vous utilisez des services d'IA comme ChatGPT, Claude ou Gemini, vos données franchissent les frontières internationales et deviennent assujetties aux lois de surveillance étrangères. Pour les organisations canadiennes, cela crée des risques de conformité immédiats sous la LPRPDE, la Loi 25 et les réglementations sectorielles. L'emplacement de votre infrastructure d'IA détermine quels cadres légaux s'appliquent à vos données — et si votre organisation fait face à des pénalités réglementaires.

La question fondamentale ne concerne pas les capacités de l'IA. Elle concerne le contrôle juridictionnel sur vos renseignements.


La réalité du CLOUD Act pour les données canadiennes

Le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act américain (18 USC 2713) accorde aux autorités américaines l'accès aux données contrôlées par des entreprises américaines, peu importe où ces données sont physiquement stockées. Cela inclut les renseignements personnels canadiens traités par des plateformes d'IA basées aux États-Unis.

Les principaux fournisseurs d'IA — OpenAI, Anthropic, Google — opèrent sous juridiction américaine. Lorsque vous téléversez des documents sur ChatGPT ou traitez des données clients avec Claude, ces renseignements deviennent assujettis aux demandes d'accès du gouvernement américain selon le CLOUD Act.

La portée extraterritoriale du CLOUD Act signifie que les données canadiennes stockées sur une infrastructure contrôlée par les États-Unis sont accessibles aux autorités américaines sans supervision des tribunaux canadiens — créant des conflits immédiats avec le principe 4.1.3 de la LPRPDE et les restrictions de transfert de l'article 17 de la Loi 25.

Ce n'est pas théorique. Les autorités américaines exercent régulièrement les pouvoirs du CLOUD Act pour des données stockées mondialement par des entreprises américaines. Microsoft a rapporté plus de 2 400 demandes d'application de la loi en 2023 seulement, plusieurs impliquant des données non américaines.


Les exigences de transfert transfrontalier de la LPRPDE

La Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques établit des obligations claires pour les organisations transférant des renseignements personnels à l'extérieur du Canada. Le principe 4.1.3 exige que les organisations protègent les renseignements personnels avec des mesures de sécurité appropriées à la sensibilité des renseignements.

Le principe de responsabilité de la LPRPDE (principe 4.1) signifie que les organisations demeurent responsables des renseignements personnels même après transfert à des processeurs tiers. Le commissaire à la protection de la vie privée a constamment statué que les organisations ne peuvent déléguer cette responsabilité à des fournisseurs de services étrangers.

Les exigences clés de la LPRPDE pour les transferts transfrontaliers incluent :

  • Protections contractuelles avec les processeurs étrangers (principe 4.1.3)
  • Notification aux individus concernant le traitement à l'étranger (principe 4.3)
  • Supervision continue des pratiques de sécurité tierces (principe 4.7)
  • Évaluation des risques légaux étrangers (principe 4.1)

Les directives du Commissariat à la protection de la vie privée sur le traitement transfrontalier identifient spécifiquement les lois de surveillance américaines comme créant des « risques qui peuvent rendre inapproprié le transfert de renseignements personnels aux États-Unis ».

Les pénalités pour violations de la LPRPDE atteignent 100 000 $ par incident selon l'article 28.1. Plus significativement, les régulateurs provinciaux peuvent imposer des sanctions additionnelles sous leurs propres cadres de protection de la vie privée.


La Loi 25 du Québec : Exigences strictes de résidence

La Loi 25 du Québec (Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection de renseignements personnels) impose les exigences de résidence de données les plus strictes en Amérique du Nord. L'article 17 restreint les transferts de renseignements personnels hors du Québec sans mesures de protection adéquates.

La définition de « protection adéquate » de la Loi 25 exige que les juridictions étrangères fournissent des protections de confidentialité substantiellement similaires au droit québécois. Le cadre de surveillance américain échoue ce test sous l'évaluation d'adéquation de l'article 17.

Les pénalités sous la Loi 25 atteignent 4 % du chiffre d'affaires mondial ou 25 millions $ selon l'article 236, selon le montant le plus élevé, pour les violations graves. La Commission d'accès à l'information du Québec a indiqué que les transferts étrangers non autorisés constituent des violations graves justifiant les pénalités maximales.

Les organisations québécoises utilisant des services d'IA basés aux États-Unis font face à des violations directes des restrictions de transfert de l'article 17 de la Loi 25, avec des pénalités potentielles sous l'article 236 atteignant des millions de dollars indépendamment de la taille de l'organisation ou de la justification d'affaires.

L'article 93 de la Loi 25 exige aussi des évaluations d'impact sur la vie privée pour tout traitement impliquant des transferts étrangers, incluant les implémentations d'IA. Ces évaluations doivent identifier les risques légaux spécifiques dans la juridiction de destination — risques difficiles à atténuer lors de l'utilisation de plateformes d'IA contrôlées par les États-Unis.


Complications de conformité sectorielles

Au-delà du droit général de la vie privée, les industries réglementées font face à des restrictions additionnelles sur l'emplacement des données et l'accès étranger.

Les organisations de santé sous les lois provinciales d'information sur la santé ne peuvent transférer les données patients vers des juridictions avec des lois de surveillance incompatibles avec la confidentialité médicale. Le CLOUD Act américain crée des conflits directs avec ces exigences.

Les institutions financières réglementées par le BSIF doivent s'assurer que les arrangements d'impartition ne compromettent pas la supervision réglementaire. La ligne directrice B-10 exige que les institutions maintiennent le contrôle sur les fonctions imparties — difficile quand les données sont assujetties à l'accès gouvernemental étranger.

Les contractants gouvernementaux font face à des restrictions spécifiques sous les cadres de sécurité du Centre de la sécurité des télécommunications. Plusieurs contrats gouvernementaux interdisent explicitement le stockage d'informations sensibles sur une infrastructure contrôlée à l'étranger.

Le Centre canadien pour la cybersécurité recommande que les organisations traitant des renseignements sensibles utilisent des fournisseurs infonuagiques domestiques pour maintenir le contrôle juridictionnel.


Ce que la souveraineté des données canadiennes signifie réellement

La souveraineté des données ne concerne pas le nationalisme — elle concerne la prévisibilité légale. Lorsque vos données demeurent sous juridiction canadienne, vous savez quels tribunaux ont autorité, quelles lois s'appliquent, et quels droits vous conservez.

La souveraineté des données canadiennes exige trois éléments :

  1. Stockage physique à l'intérieur des frontières canadiennes
  2. Contrôle légal par des entités constituées au Canada
  3. Gestion opérationnelle depuis des installations canadiennes

Simplement stocker les données dans des centres de données canadiens n'est pas suffisant si l'entité contrôlante demeure assujettie au droit étranger. C'est pourquoi les régions canadiennes des principaux fournisseurs infonuagiques américains ne résolvent pas l'exposition au CLOUD Act — les entreprises mères demeurent sous juridiction américaine.

Des plateformes comme Augure répondent à ces exigences en maintenant une constitution canadienne, une propriété exclusivement canadienne, et une infrastructure opérée exclusivement au Canada. Cela assure que vos données ne deviennent jamais assujetties aux lois de surveillance étrangères ou aux demandes du CLOUD Act.

La véritable souveraineté des données canadiennes exige que toute la pile technologique — de l'infrastructure au contrôle corporatif — demeure sous juridiction légale canadienne, protégeant contre les violations du principe 4.1.3 de la LPRPDE et les restrictions de transfert de l'article 17 de la Loi 25.


Étapes pratiques de conformité

Les organisations ont besoin d'action immédiate pour adresser les risques d'emplacement des données d'IA. Commencez par un inventaire de données identifiant quels services d'IA traitent actuellement des renseignements personnels.

Étapes immédiates :

  • Auditer l'utilisation actuelle d'outils d'IA dans votre organisation
  • Identifier quelles plateformes stockent ou traitent des renseignements personnels
  • Réviser les contrats pour les clauses d'emplacement de données et d'accès gouvernemental
  • Documenter les lacunes de conformité actuelles pour la direction

Solutions à moyen terme :

  • Implémenter des plateformes d'IA canadiennes-souveraines pour le traitement sensible
  • Mettre à jour les politiques de confidentialité pour refléter les transferts de données d'IA
  • Conduire des évaluations d'impact sur la vie privée selon l'article 93 de la Loi 25
  • Former les employés sur les risques juridictionnels dans la sélection d'outils d'IA

Conformité à long terme :

  • Développer des politiques organisationnelles priorisant la souveraineté des données canadiennes
  • Intégrer l'évaluation juridictionnelle dans l'approvisionnement technologique
  • Établir une surveillance continue des changements réglementaires
  • Construire des relations avec des fournisseurs technologiques canadiens

Le paysage de conformité ne deviendra que plus restrictif. Les lois provinciales de protection de la vie privée renforcent les exigences de résidence, et les cadres fédéraux de cybersécurité mettent de plus en plus l'accent sur l'infrastructure domestique.


Le coût de la non-conformité

Les régulateurs de la vie privée enquêtent activement sur les pratiques de données d'IA. Le Commissariat à la protection de la vie privée a lancé des enquêtes formelles sur les implémentations d'IA de plusieurs organisations en 2024, se concentrant spécifiquement sur les transferts transfrontaliers de données.

Au-delà des pénalités réglementaires, les organisations font face à des risques opérationnels de l'accès étranger aux données. Les autorités américaines accédant aux renseignements d'affaires canadiens via des plateformes d'IA peuvent compromettre les avantages compétitifs, la confidentialité client, et la planification stratégique.

La responsabilité légale s'étend au-delà des violations de vie privée. Les cabinets de services professionnels, les fournisseurs de soins de santé, et les institutions financières font face à des réclamations potentielles de faute professionnelle si les renseignements clients deviennent accessibles aux gouvernements étrangers par le traitement d'IA.

Les dommages réputationnels des violations de vie privée impliquant des plateformes d'IA peuvent impacter de façon permanente les relations clients et le développement d'affaires.


Les organisations sérieuses concernant la conformité doivent évaluer leur infrastructure d'IA actuelle contre les exigences légales canadiennes. Les risques juridictionnels des plateformes basées aux États-Unis ne sont pas gérables par des contrats ou des contrôles techniques — ils exigent des changements fondamentaux dans la sélection de plateformes.

Les plateformes d'IA canadiennes-souveraines comme Augure fournissent la fondation de conformité que les organisations réglementées exigent, avec des modèles conçus spécifiquement pour les contextes légaux et réglementaires canadiens et une infrastructure qui demeure entièrement sous juridiction canadienne. Apprenez-en plus sur le maintien de la souveraineté des données tout en accédant aux capacités d'IA avancées à augureai.ca.

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À propos d'Augure

Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.

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