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Souveraineté des données

L'entreprise mère de votre fournisseur d'IA compte plus que son centre de données

L'emplacement du centre de données dans le pitch deck du fournisseur ne nous disait rien. Ce qui comptait, c'était qui possédait l'entreprise qui possédait les serveurs.

Par Augure·
Fashion designers discuss design plans in their studio.

Ceci est un compte rendu composite. Il reflète des tendances d'évaluation et d'approvisionnement récurrentes dans les organisations canadiennes réglementées — il ne s'agit pas du compte rendu d'un mandat client unique.

L'emplacement du centre de données dans le pitch deck du fournisseur ne nous disait rien. C'est la première chose qui m'a surpris, parce que j'étais entré dans le processus en pensant que la question de la résidence des données était plus ou moins réglée dès qu'on voyait « hébergé au Canada » sur une diapositive. Ce n'est pas le cas. Le code postal du serveur ne détermine pas qui peut être légalement contraint de remettre ce qui s'y trouve — c'est la juridiction de l'entreprise mère qui le détermine.

J'aidais à évaluer des outils d'IA pour un cabinet de taille moyenne traitant un mélange de dossiers de droit corporatif et de droit familial, le genre de travail où les documents clients sont réellement sensibles et où notre barreau provincial a des avis bien arrêtés sur où ces données peuvent aller. On avait réduit une liste de six outils à trois, et c'est moi qu'on a chargé de vérifier la structure de propriété avant que qui que ce soit ne signe quoi que ce soit.

La question à laquelle personne, sur les appels avec les fournisseurs, ne voulait répondre directement

J'ai commencé à poser la même question à chaque fournisseur : qui vous possède, et où cette entreprise propriétaire est-elle incorporée. Pas qui héberge vos serveurs. Qui possède l'entreprise.

Deux des trois outils sur notre liste courte étaient, sur papier, « canadiens ». L'un avait un bureau à Toronto, un domaine .ca, et parlait beaucoup de centres de données en Ontario. Quand j'ai demandé qui était l'entreprise mère, il a fallu trois courriels pour obtenir la réponse, et il s'est avéré qu'il s'agissait d'une filiale en propriété exclusive d'une entreprise de logiciels américaine ayant son siège social au Delaware. L'entité canadienne existait bel et bien, les serveurs étaient probablement réels, mais la maison mère pouvait être contrainte en vertu du droit américain, peu importe où les octets se trouvaient physiquement. C'est cette partie-là qui a pris du temps à vraiment s'installer chez moi, au-delà de la simple compréhension intellectuelle.

C'est là qu'entre en jeu le CLOUD Act, et c'est le point sur lequel notre conseiller juridique n'a pas bougé d'un pouce. Le CLOUD Act américain permet aux autorités américaines de contraindre les entreprises ayant leur siège social aux États-Unis — et leurs filiales — à produire des données qu'elles contrôlent, peu importe où ces données sont stockées. Le chiffrement au repos ne bloque pas ça, parce que les données doivent être déchiffrées pour que le modèle d'IA puisse réellement les traiter. Un serveur à Toronto appartenant à une entreprise qui répond à un conseil d'administration à San Francisco, ce n'est pas, sur le plan légal, la même chose qu'un serveur à Toronto appartenant à une entreprise sans maison mère américaine au-dessus d'elle. Je pense que beaucoup de conversations d'approvisionnement passent à côté de ça, parce que « centre de données au Canada » sonne comme la réponse complète et que c'est une case facile à cocher sur un appel d'offres.

Une associée a contesté ce point en réunion de révision, et c'est une objection légitime : est-ce que l'incorporation canadienne de la filiale ne crée pas au moins un certain tampon juridique? La réponse de notre conseiller juridique a été que ça pourrait ralentir une demande sur le plan procédural, mais que ça ne change rien à qui contrôle véritablement les données ou qui peut être contraint de les produire. La structure corporative n'est pas un coupe-feu si la maison mère a un accès opérationnel aux systèmes, et la plupart de ces filiales l'ont, parce que c'est comme ça que la maison mère gère le soutien et la facturation de façon centralisée. C'est à ce moment-là que l'associée a arrêté de traiter ça comme une simple technicalité.

Ce qu'on a fini par demander

On a fini par bâtir une courte liste de questions et par la poser de façon identique à chaque fournisseur, y compris ceux qui semblaient canadiens en surface.

  • Qui est l'entreprise mère ultime, et dans quel pays est-elle incorporée?
  • Où se déroule l'inférence — pas seulement le stockage, mais le traitement réel du modèle?
  • Est-ce que les données clients sont utilisées pour entraîner les modèles, et peut-on désactiver ça contractuellement?
  • Quels sous-traitants ont accès aux données, à quelle fin, et est-ce que certains sont basés aux États-Unis?
  • Qu'arrive-t-il aux données lors d'un basculement ou d'une panne — est-ce que ça achemine quoi que ce soit à l'extérieur de la région principale?

Cette avant-avant-dernière question, sur les sous-traitants, s'est avérée plus importante que je ne l'aurais cru au départ. Presque tous les fournisseurs, y compris les canadiens, avaient au moins un peu de traitement américain quelque part dans la chaîne — habituellement pour les paiements ou l'envoi de courriels, pas pour le contenu réel des documents. Au début, j'avais traité tout point de contact américain comme disqualifiant, ce qui était probablement un outil trop grossier. Selon mon conseiller juridique, la ligne significative, c'est de savoir si le contenu client et l'inférence de l'IA elle-même passent un jour sous juridiction américaine, pas si un paiement par carte transite par le Delaware à un moment donné. Cette distinction a changé la façon dont j'ai noté les fournisseurs, et honnêtement, c'est la chose que j'expliquerais plus tôt si je recommençais le processus.

Obtenir la liste des sous-traitants elle-même a été un petit projet en soi. Deux fournisseurs nous l'ont envoyée en PDF en une journée; l'un nous a fait passer par un portail de sécurité, ce qui a ajouté environ une semaine à l'échéancier pour ce qui s'est avéré être un tableau de deux pages. Je prévoirais ce délai maintenant, plutôt que de présumer que la divulgation est instantanée juste parce que l'appel de vente s'est bien déroulé.

Ce qui, finalement, n'avait pas d'importance

On a passé étonnamment beaucoup de temps, au début, sur les normes de chiffrement — AES-256, gestion des clés, qui détient les clés. Ça semblait être la chose responsable et technique à approfondir.

Ça a eu moins d'importance que je le pensais. Tous les fournisseurs sérieux avaient un chiffrement solide au repos. Rien de tout ça ne touche à la question du CLOUD Act, parce que l'inférence exige un déchiffrement peu importe à quel point les données étaient bien protégées quand elles étaient au repos. J'étais entré dans le processus en traitant les spécifications de chiffrement comme un indicateur de fiabilité, et j'en suis ressorti en réalisant que c'était plus proche d'un critère de base que d'un élément différenciateur. Le véritable élément différenciateur, c'était la juridiction, jusqu'en haut de la chaîne de propriété.

Là où la Loi 25 est vraiment entrée en jeu dans la décision

Pour la partie de la pratique orientée vers le Québec, la Loi 25 a forcé une conversation plus précise, parce que l'article 17 exige une véritable évaluation des transferts hors Québec, pas juste une déclaration générale de politique de confidentialité. Ça nous a poussés à demander à chaque fournisseur de documenter, par écrit, exactement quels flux traversaient une frontière — pas « nous sommes conformes », ce qu'on n'a accepté comme réponse de personne, mais quels flux existent et pourquoi.

Un des outils qu'on a examinés était Augure, une plateforme canadienne conçue pour ce genre de cas d'usage réglementé. Ce que j'ai trouvé utile là, ce n'était pas une promesse générale — c'était que leur documentation sur la confidentialité nommait réellement les flux transfrontaliers : infrastructure en UE pour l'inférence de certains niveaux de modèle et lors du basculement, plus un traitement américain limité pour les cartes de paiement et l'envoi de courriels, présenté dans un tableau de sous-traitants plutôt qu'enfoui dans une FAQ. C'est une réponse plus honnête que « tout reste au Canada », le genre d'affirmation dont j'avais arrêté de me méfier — je veux dire, dont je m'étais mis à me méfier — à ce stade du processus, parce que c'est rarement vrai une fois qu'on vérifie l'infrastructure réelle. Augure n'a aucune entreprise mère américaine, ce qui fait que la divulgation sur l'inférence en UE ressemblait à une véritable divulgation plutôt qu'à une esquive — le contenu client ne touche jamais à un fournisseur sous juridiction américaine. La tarification était simple aussi — 20 $ CA par mois pour le niveau standard, 80 $ CA pour le niveau supérieur avec des limites de documents qui comptaient pour l'équipe de litige, ce qui a rendu l'approbation budgétaire plus facile que je ne le pensais.

PIPEDA est ressorti davantage comme un critère de base que comme un point de décision — tous les fournisseurs qu'on a examinés prétendaient s'y conformer, ça n'a donc pas fait grand-chose pour les différencier. C'est la Loi 25 qui a fait le travail de différenciation, surtout parce qu'elle a forcé une précision que le langage général de PIPEDA n'exige pas.

Ce que je ferais différemment

Je poserais la question de la propriété en premier, avant tout ce qui touche aux fonctionnalités ou aux prix, plutôt qu'en quatrième ou cinquième position comme je l'ai fait. On a perdu environ deux semaines à approfondir des outils qui étaient disqualifiés dès l'instant où j'ai obtenu une réponse claire sur l'entreprise mère, et cette réponse aurait dû être la première question de chaque appel.

Je ne suis toujours pas entièrement certain de comment soupeser la question de l'inférence en UE pour les cabinets ayant des exigences de localisation des données plus strictes que les nôtres — on n'était pas certains que ça suffise à disqualifier un fournisseur en soi, étant donné que l'alternative comparée était des outils hébergés aux États-Unis sans divulgation comparable du tout, mais je peux voir un autre cabinet avec des obligations clients différentes atterrir ailleurs sur cette question. C'est la seule partie de tout ça sur laquelle je voudrais vraiment un deuxième avis si je devais refaire le processus.

Ce sur quoi je me sens réglé, par contre, c'est que l'étiquette « IA canadienne » doit signifier quelque chose au-delà de la page marketing — une entreprise canadienne, une incorporation canadienne, aucune maison mère américaine au-dessus avec l'autorité légale d'être contrainte. Beaucoup d'outils portent cette étiquette avec légèreté. Si vous faites cette évaluation vous-même, le site d'Augure présente la documentation sur les sous-traitants et la confidentialité avec suffisamment de détails pour poser les mêmes questions de propriété qu'on a posées.

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À propos d'Augure

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