Barreau du Québec et IA : Obligations professionnelles pour les avocats québécois en 2026
Les avocats québécois font face à des obligations spécifiques de conformité en IA sous le Code de déontologie professionnelle. Voici ce qu'exige le Barreau en 2026.
Le Barreau du Québec a clarifié sa position sur l'utilisation de l'intelligence artificielle par les avocats québécois grâce à des directives mises à jour qui font directement référence au Code de déontologie professionnelle et aux exigences de la Loi 25. Les avocats québécois utilisant des outils d'IA doivent assurer la conformité avec les obligations de confidentialité sous l'article 3.06.01, les exigences de compétence sous l'article 3.02.01, et les restrictions de transfert de données transfrontalières sous l'article 17 de la Loi 25. L'intersection des règles de conduite professionnelle et du droit québécois de la vie privée crée des obligations de conformité spécifiques qui diffèrent des autres juridictions canadiennes.
Obligations de conduite professionnelle pour l'utilisation de l'IA
Le Code de déontologie professionnelle du Québec établit des limites claires pour l'adoption de technologies dans la pratique juridique. L'article 3.02.01 exige que les avocats maintiennent leur compétence professionnelle, ce qui inclut la compréhension des outils qu'ils déploient dans le service aux clients.
La norme de compétence s'étend au-delà de la fonctionnalité de base. Les avocats québécois doivent comprendre comment leurs plateformes d'IA gèrent les renseignements confidentiels, où les données sont traitées, et quelles obligations de divulgation existent sous la loi étrangère. Cette diligence raisonnable technique devient partie de l'obligation professionnelle sous l'exigence de l'article 3.02.01 de « maintenir et mettre à jour les connaissances et aptitudes nécessaires à l'exercice de la profession ».
« La compétence professionnelle en 2026 inclut la compréhension des implications juridictionnelles de votre pile technologique. Les avocats québécois ne peuvent déléguer cette évaluation aux fournisseurs tout en maintenant la conformité avec l'article 3.02.01 du Code de déontologie professionnelle. »
L'article 3.05.01 traite des obligations de supervision lorsque des non-avocats accèdent aux outils d'IA au sein du cabinet. Les associés demeurent responsables de s'assurer que le travail assisté par IA respecte les normes professionnelles, peu importe qui opère la technologie.
Exigences de confidentialité et risques transfrontaliers
L'article 3.06.01 du Code établit une confidentialité absolue pour les renseignements clients, stipulant que les avocats doivent « préserver le secret des renseignements confidentiels dont il prend connaissance dans l'exercice de sa profession ». Ceci crée une tension immédiate avec les plateformes d'IA hébergées dans des juridictions avec des lois de divulgation obligatoire.
Le US CLOUD Act (18 U.S.C. § 2713) permet aux autorités américaines de contraindre la divulgation de données des entreprises américaines, peu importe où les données sont stockées. Les avocats québécois utilisant des plateformes appartenant à des entités américaines font face à des conflits potentiels entre les ordres de divulgation américains et les obligations de confidentialité québécoises sous l'article 3.06.01.
Les plateformes sous contrôle canadien évitent entièrement ce conflit juridictionnel. Augure opère sous l'autorité légale canadienne exclusive, sans société mère américaine ou investisseurs qui pourraient créer des voies de divulgation sous le CLOUD Act.
« L'article 3.06.01 du Code de déontologie professionnelle du Québec exige une confidentialité absolue que les plateformes d'IA hébergées aux États-Unis ne peuvent garantir en raison des obligations de divulgation du CLOUD Act. La souveraineté canadienne dans les plateformes d'IA devient une nécessité de conduite professionnelle. »
Le Barreau a indiqué que les avocats portent la responsabilité de sélectionner des plateformes qui peuvent maintenir une confidentialité absolue. Ceci déplace le fardeau de conformité de la réponse réactive aux violations vers la sélection proactive de plateformes alignées avec les exigences de l'article 3.06.01.
Conformité à la Loi 25 pour les plateformes d'IA juridiques
L'article 17 de la Loi 25 restreint les transferts transfrontaliers de renseignements personnels sauf si une protection adéquate existe ou qu'un consentement est obtenu. Les plateformes d'IA juridiques traitent couramment des renseignements personnels provenant de documents clients, contrats et dossiers.
La Commission d'accès à l'information du Québec n'a pas émis de décisions d'adéquation pour le traitement par IA aux États-Unis. Ceci crée une lacune de conformité pour les cabinets d'avocats québécois utilisant des plateformes hébergées aux États-Unis, même avec le consentement client sous l'article 17 de la Loi 25.
L'article 93 de la Loi 25 exige des évaluations des facteurs relatifs à la vie privée lorsque les systèmes d'IA traitent des renseignements personnels avec des risques de confidentialité. Les documents juridiques contiennent intrinsèquement des renseignements personnels nécessitant la completion d'ÉFVP avant le déploiement.
L'article 25 de la Loi 25 exige que les organisations implémentent des mesures de sécurité proportionnelles à la sensibilité des renseignements traités. Les renseignements juridiques portent une sensibilité intrinsèque qui demande une protection renforcée au-delà des déploiements d'IA commerciaux standards.
Les pénalités administratives pécuniaires sous l'article 161 de la Loi 25 atteignent 10 millions $ CA ou 2 % du chiffre d'affaires mondial pour les entreprises, l'article 162 escaladant à 25 millions $ CA ou 4 % pour les violations graves. Le Barreau a indiqué que la discipline professionnelle peut s'exercer parallèlement à l'application de la vie privée, créant une exposition à double responsabilité.
Cadre de conformité pratique pour les cabinets québécois
Les cabinets d'avocats québécois ont besoin d'approches systématiques à la conformité d'IA qui adressent à la fois les obligations de conduite professionnelle et de vie privée. Le cadre commence avec l'évaluation juridictionnelle des plateformes proposées sous les exigences de transfert de l'article 17 de la Loi 25.
Critères d'évaluation de plateforme :
- Domicile légal et structure de contrôle corporatif
- Lieux de traitement des données et garanties de résidence
- Exposition aux lois de divulgation étrangères (CLOUD Act, lettres de sécurité nationale)
- Architecture de sécurité rencontrant les normes de l'article 25 de la Loi 25
- Completion d'évaluation d'impact sur la vie privée selon l'article 93 de la Loi 25
La révision de contrats représente un cas d'usage d'IA courant pour les cabinets québécois. L'analyse d'ENC, la révision de documents de diligence raisonnable, et la vérification de conformité impliquent tous le traitement de renseignements confidentiels clients à travers des systèmes d'IA sujets aux protections de l'article 3.06.01.
L'architecture d'Augure adresse ces exigences de conformité à travers la résidence canadienne des données, aucune société mère américaine, et des modèles entraînés sur des contextes juridiques canadiens incluant les concepts du droit civil québécois. La plateforme opère exclusivement sous juridiction canadienne, éliminant l'exposition au CLOUD Act pour les pratiques juridiques québécoises.
Le modèle Ossington 3 de la plateforme gère l'analyse juridique complexe avec des fenêtres de contexte de 256k, permettant la révision complète de contrats sans fragmentation de données à travers de multiples appels API. Ceci réduit la surface de conformité comparée aux plateformes nécessitant la segmentation de documents pour les fins de sécurité de l'article 25 de la Loi 25.
Considérations de responsabilité professionnelle et assurance
Les avocats québécois font face à une exposition de responsabilité professionnelle lorsque les outils d'IA produisent une analyse juridique inadéquate ou incorrecte. La norme sous l'article 3.02.01 demeure inchangée : les avocats sont responsables de tous les produits de travail livrés aux clients.
L'assurance responsabilité professionnelle peut exclure la couverture pour les pertes découlant de l'utilisation de technologie non-conforme sous la Loi 25 ou le Code de déontologie professionnelle. Les assureurs commencent à évaluer la conformité des plateformes d'IA comme partie de l'évaluation des risques pour les pratiques juridiques québécoises.
« La responsabilité professionnelle suit la responsabilité professionnelle sous l'article 3.02.01. Les plateformes d'IA non-conformes créent des lacunes de couverture que les avocats québécois ne peuvent se permettre d'ignorer tout en maintenant la conformité à la Loi 25 et au Code. »
Les directives sur l'IA du Barreau de l'Ontario mettent l'accent sur la supervision par l'avocat de la sortie d'IA. Les cabinets québécois devraient s'attendre à des attentes similaires du Barreau, particulièrement pour les livrables face aux clients sous les exigences de supervision de l'article 3.05.01.
La documentation devient critique pour démontrer une supervision d'IA raisonnable sous l'article 3.05.01. Les cabinets ont besoin de pistes d'audit montrant la révision par l'avocat de l'analyse générée par IA, particulièrement pour les opinions juridiques complexes ou recommandations stratégiques.
Feuille de route d'implémentation pour la conformité québécoise
Les cabinets d'avocats québécois devraient conduire des audits de conformité d'IA couvrant les articles 17, 25, et 93 de la Loi 25 avant de déployer de nouvelles plateformes. Cette évaluation couvre les obligations de conduite professionnelle, les exigences de vie privée, et les implications de responsabilité professionnelle.
Phase 1 : Évaluation de l'état actuel
- Inventaire des outils et plateformes d'IA existants
- Cartographie des flux de données pour la conformité à l'article 17 de la Loi 25
- Identification des risques de transfert transfrontaliers sous le CLOUD Act
- Révision des exclusions de couverture de responsabilité professionnelle
Phase 2 : Analyse des lacunes et remédiation
- Évaluation des plateformes contre les exigences de confidentialité de l'article 3.06.01
- Completion des évaluations d'impact sur la vie privée selon l'article 93 de la Loi 25
- Documentation des procédures de supervision sous l'article 3.05.01
- Établissement des exigences de piste d'audit pour la conformité de compétence
Phase 3 : Migration de plateforme si requise
- Transition vers des alternatives canadiennes conformes
- Implémentation de protocoles de supervision renforcés selon l'article 3.05.01
- Mise à jour de la couverture de responsabilité professionnelle
- Formation du personnel sur les obligations de conformité à la Loi 25 et au Code
Les cabinets québécois utilisant des plateformes non-conformes devraient prioriser la migration vers des alternatives canadiennes. L'environnement réglementaire sous la Loi 25 et les mises à jour du Code se resserre, et la conformité précoce procure un avantage concurrentiel dans le service aux clients.
Le Barreau du Québec a établi des attentes claires pour l'utilisation de l'IA qui s'étendent au-delà de la responsabilité professionnelle de base dans la conformité de vie privée de la Loi 25 et les restrictions de transfert transfrontalières. Les avocats québécois ont besoin de plateformes qui satisfont à la fois les obligations du Code de déontologie professionnelle et les exigences de la Loi 25 sans compromis.
La souveraineté canadienne en IA devient une nécessité de conformité sous l'article 3.06.01 et l'article 17 de la Loi 25, non une préférence. Les cabinets québécois évaluant des plateformes d'IA devraient évaluer la conformité juridictionnelle d'abord, la fonctionnalité en second. Explorez les solutions d'IA canadiennes conformes à augureai.ca.
À propos d'Augure
Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.