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Souveraineté des données

Résidence des données vs souveraineté des données : quelle est la différence ?

La résidence des données maintient les données au Canada. La souveraineté des données signifie que les lois canadiennes les régissent. Découvrez pourquoi cette distinction importe pour la conformité à la LPRPDE et à la Loi 25.

Par Augure·
Femme présentant des graphiques sur un écran à ses collègues.

La résidence des données signifie que vos données sont physiquement stockées à l'intérieur des frontières canadiennes. La souveraineté des données signifie que les lois canadiennes régissent ces données, peu importe la structure corporative du fournisseur de services ou ses obligations légales étrangères. Bien que reliés, ces concepts créent des résultats de conformité différents sous la LPRPDE et la Loi 25 du Québec. Les organisations présument souvent que la résidence des données canadiennes équivaut à la souveraineté, mais les plateformes détenues par des intérêts américains demeurent assujetties au CLOUD Act même lorsqu'elles stockent les données dans des installations canadiennes.


Qu'est-ce que la résidence des données ?

La résidence des données fait référence à l'emplacement physique où les données sont stockées et traitées. Pour les organisations canadiennes, cela signifie typiquement s'assurer que les renseignements personnels demeurent dans les centres de données canadiens.

La plupart des grands fournisseurs d'informatique en nuage offrent maintenant des régions canadiennes. AWS a le Canada central, Microsoft Azure opère Canada central et Canada est, et Google Cloud Platform fournit northamerica-northeast1 à Montréal.

Mais l'emplacement géographique seul ne détermine pas la juridiction légale. Une corporation américaine opérant des centres de données canadiens relève toujours de l'autorité légale américaine, incluant la surveillance et les ordonnances de production de données.


Qu'est-ce que la souveraineté des données ?

La souveraineté des données signifie que les lois canadiennes régissent vos données tout au long de leur cycle de vie. Cela exige plus que le stockage canadien—cela demande une structure de fournisseur de services qui empêche l'interférence légale étrangère.

La véritable souveraineté des données exige trois éléments :

  • Structure corporative canadienne : Aucune compagnie mère ou relation de filiale américaine
  • Contrôle opérationnel canadien : L'autorité décisionnelle demeure au Canada
  • Juridiction légale canadienne : Aucune exposition aux lois étrangères comme le CLOUD Act

La souveraineté des données ne concerne pas seulement la géographie—c'est à propos de quelles lois nationales contrôlent réellement vos données lorsque les autorités viennent frapper à votre porte.


Le problème du CLOUD Act

Le Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act américain (18 U.S.C. § 2703) permet aux autorités américaines de contraindre tout fournisseur de services américain à produire des données, peu importe où elles sont stockées. Cela inclut les renseignements personnels canadiens stockés dans des centres de données canadiens par des compagnies américaines.

La loi stipule spécifiquement que le processus légal américain s'applique aux données « dans la possession, garde ou contrôle de tel fournisseur peu importe si telle communication, dossier ou autre information est située à l'intérieur ou à l'extérieur des États-Unis. »

Microsoft a appris cette leçon dans l'affaire du mandat de 2013 qui a ultimement mené à la création du CLOUD Act. Les frontières géographiques ne limitent pas l'autorité légale américaine sur les corporations américaines.

Pour les organisations canadiennes assujetties à la LPRPDE ou à la Loi 25, cela crée un écart de conformité. Vous stockez les données au Canada mais demeurez exposés aux demandes légales étrangères qui pourraient violer les obligations de protection de la vie privée canadiennes.


La LPRPDE et les transferts transfrontaliers

La LPRPDE n'exige pas explicitement la résidence des données, mais le principe 4.1.3 de la LPRPDE crée des exigences de protection comparable pour les transferts internationaux. Les organisations doivent s'assurer que le traitement à l'étranger offre une protection de la vie privée « substantiellement similaire ».

Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a constamment souligné que les organisations demeurent responsables des renseignements personnels même après transfert. Lorsque les autorités américaines peuvent accéder aux données canadiennes par le CLOUD Act, maintenir une protection comparable devient pratiquement impossible.

Les directives récentes du CPVP notent spécifiquement que les organisations devraient considérer « les lois étrangères qui peuvent permettre aux agences d'application de la loi ou de sécurité nationale d'accéder aux renseignements personnels » lors de l'évaluation des mesures de protection des transferts.

Sous le principe 4.1.3 de la LPRPDE, les organisations demeurent entièrement responsables de la protection des renseignements personnels même lors de l'utilisation de processeurs tiers, peu importe l'emplacement géographique, et doivent s'assurer que des standards de protection de la vie privée substantiellement similaires sont maintenus.

Les violations de la LPRPDE peuvent résulter en ordonnances de la Cour fédérale exigeant des mesures de conformité spécifiques sous l'article 14, ainsi qu'en dommages réputationnels des conclusions publiques du CPVP sous l'article 20.


Exigences de la Loi 25 au Québec

La Loi 25 du Québec adopte une approche plus stricte aux transferts internationaux. L'article 17 exige un consentement explicite ou une autre base légale pour tout transfert hors du Québec, les organisations maintenant la pleine responsabilité pour les standards de protection.

L'article 18 exige spécifiquement que les organisations prennent des « mesures appropriées » s'assurant que le traitement à l'étranger offre une protection équivalente à la Loi 25. Lorsque le CLOUD Act permet l'accès du gouvernement américain sans avis individuel ou consentement, satisfaire ce standard devient légalement problématique.

Les pénalités de la Loi 25 sous les articles 89-91 sont substantielles :

  • Entreprises : Jusqu'à 25 M$ ou 4 % du chiffre d'affaires mondial
  • Autres personnes morales : Jusqu'à 10 M$ ou 2 % du chiffre d'affaires mondial
  • Individus : Jusqu'à 10 000 $

La Commission d'accès à l'information du Québec a de larges pouvoirs d'enquête sous les articles 69-72 et peut émettre des ordonnances contraignantes exigeant des mesures de conformité spécifiques.


Considérations du cadre CPCSC

Le cadre de Classification de sécurité des renseignements personnels canadiens et des documents électroniques (CPCSC) fournit un contexte additionnel pour les institutions fédérales et les contractants. Bien qu'il ne s'applique pas directement aux organisations du secteur privé, il démontre les attentes gouvernementales pour la gestion des données.

Les directives CPCSC soulignent que la classification des données doit considérer non seulement l'emplacement de stockage mais le cadre légal régissant l'accès. L'information protégée et classifiée exige une juridiction légale canadienne, pas seulement une géographie canadienne.

Les organisations travaillant avec des contrats fédéraux ou gérant de l'information sensible devraient s'aligner avec les principes CPCSC même lorsque ce n'est pas légalement requis.


Exemples sectoriels et implications

Soins de santé : Les lois provinciales sur l'information de santé exigent généralement un consentement explicite pour les transferts internationaux. Un fournisseur de soins de santé de la C.-B. utilisant des outils d'IA détenus par des intérêts américains pour l'analyse de données de patients fait face à des violations potentielles sous la Loi sur la protection des renseignements personnels (articles 18-19), même avec la résidence des données canadiennes.

Services financiers : Le BSIF s'attend à ce que les institutions financières sous réglementation fédérale maintiennent une gestion robuste du risque tiers sous la ligne directrice B-10. L'utilisation de plateformes américaines pour le traitement de données client crée une exposition au risque opérationnel par les demandes potentielles du CLOUD Act.

Services juridiques : Les barreaux à travers le Canada ont renforcé les exigences de confidentialité. L'utilisation de plateformes détenues par des intérêts américains pour l'information client, même avec stockage canadien, peut violer les obligations professionnelles dans les juridictions avec des règles strictes de gouvernance des données.

Secteur public : Les commissaires provinciaux à la protection de la vie privée ont de plus en plus scruté l'utilisation gouvernementale de plateformes américaines. Plusieurs provinces ont restreint ou banni des services américains spécifiques en raison de préoccupations liées au CLOUD Act, avec des décisions formelles sous les lois provinciales respectives sur la vie privée.


L'écart de conformité

Plusieurs organisations croient que la résidence des données canadiennes résout les exigences de conformité à la vie privée. Cela crée un écart dangereux entre l'implémentation technique et la réalité légale.

Considérez un scénario typique : Votre organisation utilise la région canadienne d'un grand fournisseur d'informatique en nuage américain pour le traitement par IA de renseignements personnels. Les données ne quittent jamais le Canada géographiquement, mais demeurent accessibles aux autorités américaines par les dispositions du CLOUD Act.

Lorsque les commissaires provinciaux à la protection de la vie privée enquêtent sur les plaintes ou conduisent des audits sous leurs pouvoirs statutaires respectifs, ils examinent le cadre légal complet régissant l'accès aux données. L'emplacement physique importe beaucoup moins que le contrôle légal.

La vraie conformité exige de comprendre non seulement où siègent vos données, mais quels tribunaux et agences d'application de la loi peuvent en demander l'accès sous leur législation domestique.


L'approche Augure

Augure adresse cet écart de conformité par la souveraineté complète des données canadiennes. En tant que corporation canadienne sans propriété ou investissement américain, Augure opère entièrement hors de la juridiction du CLOUD Act.

Nos modèles Ossington 3 et Tofino 2.5 traitent vos données exclusivement sur l'infrastructure canadienne sous juridiction légale canadienne. Aucune compagnie mère américaine ne peut recevoir de demandes légales pour votre information.

Cette architecture adresse directement les exigences du principe 4.1.3 de la LPRPDE et les obligations des articles 17-18 de la Loi 25 en éliminant entièrement l'exposition légale étrangère.


Pour les organisations canadiennes sérieuses à propos de la conformité à la vie privée, la souveraineté des données fournit la seule solution complète à l'interférence légale étrangère. La résidence géographique aide, mais la juridiction légale détermine la protection réelle.

Prêts à éliminer l'exposition au CLOUD Act de vos flux de travail d'IA ? Explorez la souveraineté des données canadiennes à augureai.ca et découvrez comment la véritable juridiction légale protège vos obligations de conformité.

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À propos d'Augure

Augure est une plateforme d'IA souveraine pour les organisations canadiennes réglementées. Clavardage, base de connaissances et outils de conformité — le tout sur une infrastructure canadienne.

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